Darfar

Les Cannibales du Sud​

Le Darfar est la contrée située le plus au nord des Royaumes Noirs, juste au sud de la Stygie. Les Darfaris sont des bergers et des agriculteurs, vivant dans les marais de l’est et les savanes de l’ouest. Ils n’occupent pas la ceinture forestière hantée de dragons. Les Darfaris sont également des cannibales notoires. Pendant la saison des pluies, ils se déplacent vers des villages de chaume semi-permanents pour faire pousser du millet, du sorgho et d’autres céréales. Pendant la saison sèche, ils emmènent leur bétail dans les savanes et les champs pour la pâture.

Dans la composition raciale, les Darfaris sont proches des Noirs du Sud comme les Kushites. Les Darfaris ont la peau d’un noir profond, ils sont grands et légèrement musclés avec des cheveux extrêmement crépus et grossiers. Ils ont un nez court, large et presque droit. Cette ethnie n’apprécie pas du tout la pilosité faciale, donc les Darfaris s’en débarrassent généralement . Leur torse et leurs avant-bras sont très velus. Leurs dents limées sont probablement leur caractéristique la plus distinctive. Les deux sexes taillent leurs dents antérieures, incisives et canines en pointe, ce qui est perçu comme très attirant au Darfar. Ils ont tendance à marcher d’un pas nonchalant. Les femmes des tribus du Darfar ont généralement les yeux en amande.​

Les Darfaris s’offusquent rapidement et ont un tempérament fougueux. Ils sont totalement indifférents à la vie humaine, ce qui fait que les peuplades voisines les redoutent. Ils sont féroces et maltraitent leurs prisonniers, les laissant souvent mourir de faim lorsqu’ils ne les dévorent pas. Les Darfaris sont relativement indolents, évitant le travail dans la mesure du possible. Les hommes préfèrent de loin s’asseoir dans la hutte principale de leur village, la maison des palabres et fabriquer du chaume ou du fil à pêche. Ils vont rire du moindre trait d’humour malgré leur nature guerrière et vindicative. Les sauvages Darfaris sont perçus comme des voleurs et des meurtriers, sans une once de fiabilité. Pourtant, ils sont considérés comme des esclaves de valeur. La plupart des aventuriers rencontreront probablement des Darfaris faits esclaves à Shem, à Turan ou en Hyrkanie.​

Les Darfaris parlent une langue gutturale. Des personnes ne se connaissant pas s’y saluent en se saisissant par le haut des bras, puis, après une légère pause, se serrent les poignets.​ Les amis se gratifient quant à eux d’une accolade.

Vêtements, coiffures et ornements au Darfar

​Les Darfaris portent peu de vêtements. Les mâles adultes sont généralement vêtus de pagnes et de quelque perles autour du cou ou des poignets. Ils peuvent aussi orner leur nez, leurs oreilles ou leurs lèvres avec des anneaux d’ivoire ou de métaux précieux. Les femmes adultes sont généralement a demi-nues dans les villages, mais peuvent porter des hauts en peau de chèvre ou de feuilles de bananiers plantains tressées, de longues herbées séchées en pendant, lorsqu’elles voyagent hors du village. Les enfants, garçons comme filles, sont nus. Le chef de la tribu porte une cape en peau de léopard ou une armure d’os de dragon pour signifier sa position. La modestie est un concept civilisé que les Darfaris ne comprennent pas.​
La coiffure est quelque chose d’important pour le Darfari. Les hommes façonnent leurs cheveux en formes grotesques avec des brindilles et de la boue séchée, s’aidant parfois d’un support en bois. La plupart d’entre eux s’épilent les poils du visage, hommes comme femmes trouvant ceux-ci dégoûtants. Certaines tribus teignent leurs cheveux en roux à l’aide d’urine de vache. Les femmes Darfaris portent les cheveux longs dans la plupart des tribus, mais certaines préfèrent qu’elles rasent leurs cheveux et leurs sourcils, pour ne conserver qu’une longue mèche de cheveux ramenée en chignon sur le sommet du crâne.

En plus de façonner les cheveux, certaines des tribus procèdent au modelage crânien sur les nourrissons, afin de donner aux os de leur crâne une forme oblongue, ou même de cœur. Cette forme de contrainte n’affecte pas l’intelligence mais elle peut donner aux individus concernés une apparence relativement singulière pour un étranger.​

Les Darfaris aiment se parer de bijoux. Les bracelets de cheville et bracelets en laiton ou en ivoire sont particulièrement appréciés par les femmes, elles en font même porter aux nourrissons. Elles aiment à orner leurs doigts et orteils de multiples anneaux, le nombre ne signifiant toutefois rien quant à leur statut marital ou leur position sociale. Le cuivre est un ornement recherché, il est porté autour de l’avant-bras, du poignet au coude. Les hommes, les femmes et les enfants aiment tous porter des colliers. Ceux-ci sont fabriqués à partir d’herbes tressées de perles et sont ornés de sabots de petits animaux, de dents, de petits crânes, de haricots, de soies de queue d’éléphant ou des défenses, en fonction de leur taille.

Le Darfari, à l’instar de nombreux autres habitants des Royaumes Noirs, utilise de la peinture corporelle à des fins rituelles et décoratives. Les peintures rouges et bleues sont les plus courantes chez les guerriers, le blanc est porté par les chamans et les prêtres. Les motifs typiques incluent les têtes de flèche, les bandes, les points ou les empreintes de mains. La teinte rouge est faite à partir de l’écorce de certains arbres et la bleu foncé est fabriquée à partir de champignons arboricoles. Le corps est couvert de poussière ou de boue lorsqu’une personne est en deuil.​

Le tatouage est également courant et les pigments utilisés consistent en un mélange du pigment bleu et de cendres.

Le rôle des genres

​Les rôles y sont clairement définis, notamment en ce qui concerne la division du travail. Les hommes chassent et gardent les troupeaux et les femmes cuisinent. On enseigne la pêche, la chasse et à garder un troupeau aux garçons, pendant que les filles apprennent à cuisiner, à fabriquer de la poterie, à tisser des paniers et des nattes et à prendre soin des enfants. Les hommes labourent les champs et les femmes les ensemencent. Femmes et enfants dorment dans les huttes, alors que les hommes veillent dans les enclos à bestiaux pour surveiller la richesse de la famille. Seuls les hommes sont autorisés à être forgerons à cause de la magie impliquée. Les hommes s’occupent des bovins et les garçons pratiquent l’élevage de moutons et de chèvres. Tous se baignent ensemble dans les rivières et les bassins, sans pudeur.​

Amour et mariage

​Avant leur mariage, les filles Darfaris sont sexuellement libres, la virginité, la chasteté et la vertu ne sont tenues en aucune sorte d’estime. Il est rare de trouver une jeune femme pubère et vierge dans une tribu.​
Les Darfaris considèrent la polygamie comme une situation idéale mais, dans la pratique, la plupart des hommes n’ont qu’une femme en raison du la valeur de la dote, la majorité d’entre eux étant pauvres. Les Darfaris sont tenus de se marier en dehors de leur clan. Le futur époux paie une dote à la famille de la mariée, ce qui crée une alliance entre les deux clans. Si le mari décède, son frère doit épouser la veuve, pour subvenir aux besoins de celle-ci et des enfants, il est dispensé de dote. Si un guerrier Darfari a plus d’une femme, tous les enfants sont élevés ensemble en tant que membres de la même famille. Les différentes femmes coopèrent généralement, mais chacune d’elle est responsable de ses propres enfants.​

L’adultère est courant au Darfar et l’une des principales raisons des raids et de la guerre entre les villages et les tribus. Les épouses sont prêtées à tous les invités.​

Propriété

​Les Darfaris possèdent peu de biens matériels. Les hommes ont généralement quelques armes et la famille peut posséder une hutte, une pirogue, des outils, de la poterie et des produits tissés. La plupart des foyers disposent d’un bloc de fer en guise d’enclume et de nombreux hommes ont des compétences de forge basiques. Certains chanceux au troc ont pu obtenir des marmites en fer ou en cuivre pour remplacer celles en terre cuite local. La propreté est quelque chose de relatif pour ces sauvages, les pots sont simplement rincés après usage, pas frottés. Les Darfaris sont toutefois particulièrement cupides et peuvent se lancer dans diverses entreprises en échange de biens.

Logement Darfari

​Les Darfaris vivent dans des huttes en forme de ruches ou des habitations troglodytiques. Les huttes sont fabriquées de murs de boue et ont des toits coniques de chaume. Ces maisons sont solides, et les murs peuvent durer jusqu’à 20 ans. Les toits de chaume durent rarement plus de deux ou trois ans, même avec un entretien constant. Il n’y a pas de fenêtre. La porte est généralement une énorme bande d’écorce maintenue contre l’embrasure pendant la nuit. Au-dessus de chaque porte est suspendu un ensemble de crânes, un fétiche offert par le chaman pour protéger le foyer et ses membres. Souvent, d’autres fétiches macabres pendent des toits, généralement des crânes d’hommes, de femmes et d’enfants, avec les colonnes vertébrales toujours attachées. Certains sont des têtes entières, aux langues gonflées et distendues, leurs colonnes vertébrales parfois encore sanguinolentes se balançant sous elles. Ce sont des fétiches plus puissants payés au chaman avec plusieurs bœufs ou chèvres.

Les huttes ont des sols en terre battue. Les lits sont faits d’un ensemble de longs bâtons joints côte à côte et supportés par des branches fourchues. En général, un foyer surplombé d’un trou dans le toit trône au centre de la hutte, avec deux lits de part et d’autre de celle-ci. On y trouve des tabourets, des bols, des calebasses, des paniers, des étagères suspendues, des planches et d’autres accessoires. Des branches fixées par des cordages végétaux servent à stocker nourriture et armes. Des os et des crânes pendent du toit, tels des carillons macabres. Un coffre contenant les os du père de l’homme le plus âgé du foyer. se trouve contre le mur du fond.​

Les femmes et les enfants vivent dans les huttes, tandis que la plupart des hommes dorment dans les enclos à bétail pour protéger la seule richesse dont ils disposent, les huttes étant utilisées par toute la famille en journée. Les enclos sont plus grands que les maisons et ont des toits en torchis.​

Les tribus Darfaris vivant dans les marécages et dans leurs alentours, résident dans des villages permanents, construits sur les hauteurs. Ils utilisent l’arrosage pour irriguer leurs cultures. Pendant la saison sèche, les Darfaris descendent dans des villages temporaires plus proches des eaux. Des cabanes y sont fabriquées à partir d’écorce, de branches d’arbre et de chaume au lieu de torchis, mais ont une apparence semblable à celles des huttes permanentes.​

Armes Darfaris

​Les Darfaris aiment à utiliser des gourdins car ils savent que battre leur ennemi à mort préserve la saveur de la viande bien mieux que de la trancher et de laisser le sang se déverser sur la terre. Ils utilisent également des arcs et des flèches pour chasser les oiseaux. Les lances sont couramment utilisées, en particulier lorsqu’ils ne prévoient pas de se nourrir de leurs victimes. On trouve fréquemment des filets de pêche chez les Darfaris.​

Villages

​Les villages de Darfaris sont construits le long des sentiers, les huttes se trouvant de part et d’autres de ceux-ci. Chaque famille a sa propre hutte. Au bout du village se trouve la maison des palabres. Derrière les masures se trouvent les enclos à bestiaux. Une palissade est généralement placée à l’extrémité opposée du village et la maison des palabres peut avoir sa propre clôture. Certains villages peuvent être totalement entourés de palissades.

La maison des palabres est le centre du village où le chef tient ses réunions. Les hommes, lorsqu’ils ne chassent pas ou ne travaillent pas, aiment s’asseoir dans la cabane à palabres et échangeant des potins, fabriquant parfois des filets de pêche ou du chaume. Les visiteurs sont généralement logés dans la maison des palabres. Un invité visitant un village doit d’abord se rendre à la maison des palabres et saluer le chef du village en s’agenouillant, nu. Les invités sont toujours servis par les femmes du village. Si le visiteur a un hôte, ce dernier doit partager ses épouses avec lui, sinon, les femmes du chef lui seront proposées. Les prisonniers sont généralement enchaînés dans la hutte des palabres. Celle-ci est décorée de crânes et de rachis, surtout autour de l’entrée. Les os du fondateur du village, s’il est mort, y sont également suspendus, afin que son esprit puisse continuer à protéger et à diriger le village.​

Explorer un village de Darfaris peut être une expérience déconcertante pour un étranger. Quantité de boyaux d’origine humaine ou animale sont suspendus à des piques dans tout le village, afin de les faire sécher. Des ossements humains jonchent les fosses de feu, alors que des têtes décapitées et des crânes surplombent les portes.

Statut social

​Un homme souhaitant gravir les échelons sociaux doit être considéré comme généreux et très utile à la tribu. Il se doit d’être un bon chasseur et d’avoir femmes et enfants. Les Darfaris n’indiquent pas leur condition au moyen de vêtements, exception faite du chef de la tribu, qui portera une peau de léopard ou une armure d’os de dragon. Plus un homme est vieux, plus ses vêtements seront sales et dépenaillés, quel que soit son statut.

Commerce et économie

​Les Darfaris sont des chasseurs-cueilleurs et leurs prairies et jungles, terres fertiles, abritent un féroce gibier. Des dragons aux airs de stégosaures, des chats sauvages, des serpents et des oiseaux vivent dans les jungles et les marécages du sud. Les prairies chaudes du nord accueillent des éléphants, des girafes et des guépards. Les Darfaris prélèvent également de l’ivoire des éléphants des zones occidentales, braconnant très sûrement ceux de Kush. En outre, ils élèvent des troupeaux de chèvres, de moutons et de bovins. Le bétail est la base de l’économie au Darfar, la source de richesse. Les Darfaris ont développé une monnaie, en utilisant des pointes de flèches en fer comme mesure de valeur. Une seule pointe de flèche en fer (ou une quantité équivalente de fer) s’appelle un beki. Un paquet de dix beki est un ntet. Une dote est généralement d’une valeur de dix ntet ou cent beki.​

Les femmes constituent leur principale marchandise. Les chèvres sont également échangées avec une certaine fréquence, considérées par la plupart des Darfaris comme ayant une valeur légèrement inférieure à celle des femmes. Le produit commercial le plus courant est l’étoffe. Le sel est très prisé. Le millet et le tabac sont également considérés comme des biens commerciaux. Les cadavres sont eux aussi sujets aux échanges commerciaux. À moins que le mort ne soit un chef, les Darfaris échangeront leurs défunts avec les tribus voisines, car ils ne mangent pas les propres membres de leur clan. Les chefs et autres personnes importantes sont inhumés.​

L’armée Darfari

​Les Darfaris aiment se quereller. La force militaire du Darfar se compose de tous les mâles adultes physiquement aptes. Il n’existe pas d’organisation militaire ou d’entraînement martial formels au Darfar, donc pas de véritables soldats. Toutes les expériences dans la manipulation des armes sont acquises par le biais de jeux d’adresse, de la chasse et du combat réel. Les hommes Darfaris passent toute leur enfance dans la savane, à s’occuper des troupeaux, ou dans les jungles les plus sombres, chassant du gibier. Ils deviennent ainsi forts et robustes.​

Un chef est affecté à la direction des groupes de raid. Il est chargé de porter un fétiche de guerre créé par le chaman. Alors qu’une partie attaque un village de nuit, d’autres attendent dans la forêt, les herbes ou les marécages, généralement au bord des sentiers existants utilisés par les villageois, pour attraper quiconque tenterait de fuir.
Un raid est généralement effectué en envoyant deux hommes dans un village. Ils pénètrent dans un village, frappent à la porte d’une hutte et prétendent être des voyageurs qui ont besoin de nourriture et/ou d’un abri. Une fois la porte ouverte, ils attaquent tout le monde à l’intérieur , afin de réveiller les autres villageois, qui poursuivent ensuite les meurtriers. Les deux hommes courent vers les membres de leur tribu attendant aux abords, tout le village à leurs trousses. Les membres de la tribu en embuscade piègent les poursuivants. À moins que la querelle ne soit particulièrement amère, la lutte s’arrête généralement après la chute d’une poignée de guerriers. Les personnes tombées sont traînées pour être dévorées et tous les prisonniers sont emmenés pour être torturés et/ou mangés plus tard, souvent lors de la danse de célébration qui suit le raid.​

Les femmes Darfaris ne sont pas des guerrières, la plupart d’entre elles étant simplement incapables de se battre. Les Darfaris aiment attaquer les femmes, puisque leur défaut de combat les fait passer pour des proies faciles. Au cours de guerres de clans, certains attaquent les femmes en pleines corvées ou aux abords des rivières, lorsqu’elles vont chercher de l’eau. Des tribus entières peuvent souffrir de la famine, parce que les femmes ne quitteront pas leurs huttes pour trouver de la nourriture ou de l’eau, par peur d’être tuées.​

Les Darfaris craignent les sorcières et savent que le sang est un fétiche (lien magique). Ils portent donc une attention toute particulière dans le fait que personne, à moins d’être un proche, ne s’approche d’eux lorsqu’ils sont blessés.

Loisirs et divertissements

​Comme pour la plupart des cultures, les activités sociales sont importantes pour les Darfaris.

Commérage

​Le passe-temps favori du Darfari est le commérage. Les femmes échangent en effectuant leurs tâches et les hommes sont assis dans la hutte des palabres et parlent tout en fabricant des filets de pêche ou du chaume. Les hommes travailleront volontiers s’ils peuvent le faire dans la hutte de palabres tout en discutant, mais ils feront généralement en sorte que les femmes fassent tout ce qui est laborieux. Des étrangers viennent à la cabane de palabres et parlent avec les chefs et les hommes rassemblés là-bas. Les hommes détestent être loin de la hutte de palabres au cas où quelque chose d’important devrait être discuté, comme un raid ou une guerre. Si possible, quand quelque chose doit être fait loin de la cabane, le Darfari attendra que tout le monde ait besoin de partir.​

Danse

​Les Darfaris aiment danser. Comme la plupart des membres des tribus des Royaumes Noirs, n’importe quel prétexte est bon pour danser. Ils effectuent toujours une danse au moment de la nouvelle lune. Pour danser, les Darfaris portent de longs brassards d’herbes et des bracelets de chevilles ornés de coquillages. Leurs mouvements de danse sont rapides, obscènes, mais néanmoins gracieux. Les tambours impriment un rythme constant, alors que la lueur des torches vacille autour des danseurs. Habituellement, une danse commence au crépuscule, puis se poursuit jusqu’à l’aube. Une danse prépondérante est la fameuse danse de la lune de sang. Chaque mois, lorsque la lune est pleine, les Darfari exécutent cette danse au cours de laquelle ils simulent le fait de manger la pleine lune, usant de captifs comme simulacres de la lune. Le rituel lance la lune dans son voyage à travers les ténèbres et la renaissance.​

Pêche

​Les Darfaris aiment pêcher en utilisant des filets, des hameçons et des pièges. Ils naviguent sur les rivières et les marais à bord de pirogues. Habituellement, une femme ou un enfant manipule le navire et un homme chante pour les rameurs. Des fétiches faits entre autres de crânes et d’ossements, conçus pour porter chance au voyage et garantir la sécurité pour les membres de la tribu, pendent à l’embarcation. Le long des berges, femmes et enfants recherchent des poissons dans la vase.​

Art

​Les Darfaris aiment la poésie et le chant. Ils ont différentes chansons et chants en fonction de leurs activités.Ils ont des chansons de travail, des chansons festives, des chansons culturelles, des chants rituels, des chants de guerre, des chansons historiques et des chansons flatteuses pour les ancêtres, les esprits et les amis. L’utilisation la plus intéressante de la chanson est la compétition rituelle pour résoudre les problèmes juridiques. Les personnages impliqués dans une procédure judiciaire se présentent devant un chef et effectuent des chants opposés. Le tambour accompagne généralement les mélopées et chants rituels. Les Darfaris créent également des reliquaires en bois pour honorer leurs ancêtres. D’autres formes d’art, telles que l’art décoratif sur la poterie ou le tissage, sont généralement non religieuses pour éviter d’offenser un esprit ou un dieu avec une représentation mortelle. Souvent, un tel art tourne autour de la représentation de têtes humaines ou de crânes. Les trônes du chef et ses armes sont également lourdement décorés.​

Santé et médecine

​La médecine est extrêmement primitive au Darfar. La maladie n’est pas considérée comme une défaillance du corps mais comme le résultat de sa possession ésotérique. Plus la maladie est grave, plus il y a d’esprits malins dans l’enveloppe corporelle. Chaque symptôme est considéré le résultat d’un mauvais esprit distinct, de sorte qu’une personne avec cinq symptômes aurait cinq esprits en elle. La plupart des soins sont effectués grâce à une combinaison de magie et d’herboristerie. Même un examen de santé de base est accompagné d’incantations, de fétiches et d’herbes.​

Régime alimentaire

​Les Darfaris prennent trois repas par jour et peuvent souvent être trouvés en train de grignoter des tubercules et des noix entre les repas. Les repas peuvent être pris dans les huttes, mais les hommes viennent souvent à décider de manger dans la maison des palabres. Les femmes peuvent y entrer pour faire le service, mais ne sont quant à elles par autorisées à y manger.
À sa naissance, chaque enfant se voit attribuer un aliment tabou qu’il lui sera ensuite interdit de manger toute sa vie durant. Le tabou varie d’un individu à l’autre et est deviné par le chaman lorsque le bébé lui est amené par ses parents. Au-delà de cette restriction, le Darfari mangera presque n’importe quoi, mais préférera la viande.Le régime alimentaire typique est constitué de tubercules, de noix, de patates douces, de graines de courge pilées, de bananes, d’escargots, de bananes plantains, de millet, de poisson et pratiquement toutes les viandes, y compris la chair humaine, les petits rongeurs et les serpents. Le sang d’un animal chassé ou d’une personne abattue est recueilli dans des bols et cuit à l’huile. Une partie de la viande est fumée ou séchée au soleil, pour en faire des collations ou des rations de voyage. Seules les femmes cuisinent dans les tribus. Les ragoûts sont des plats communs et la plupart des mets sont assaisonnés à l’aide de piments très forts. Les Darfaris boivent principalement de l’eau, mais ceux qui se considèrent comme des personnes importantes consomment du rhum, du café ou du thé.

L’aliment tabou d’une personne ne peut être consommée qu’avec la permission du chaman, car la magie qui lui est attribuée est considérée comme étant extrêmement puissante. Un chaman peut mâcher sa propre nourriture taboue tout en lançant certains sorts puissants pour augmenter son potentiel magique.​

Les Darfaris sont surtout connus pour leur pratique du cannibalisme. Ils mangent aussi d’autres aliments et il est peu probable que ce soit un sujet de querelle entre les membres d’une tribu. Ils vivent dans une terre dense et torride avec une variété étonnante de sources alimentaires potentielles. La nourriture principale du Darfar est le millet. Il est épicé pour en faire une bouillie épaisse, qui est la base de leur alimentation. Le lait est généralement consommé avec les repas. La cuisson se fait en principe à l’extérieur, dans des foyers.​
Le cannibalisme des Darfaris n’est pas qu’un exemple de préférences alimentaires perverties. Leur épouvantable culte exige qu’ils s’alimentent de façon aussi sordide. Manger des gens est une affaire de rituel et de symbolisme. Ils ne mangent pas n’importe quelle vieille carcasse, pas plus que leurs proches morts, même si l’échange de cadavres est pratique courante entre les tribus. Ils ne gardent généralement pas d’esclaves ou de prisonniers afin de les engraisser pour une consommation ultérieure. Ils ne mangent pas les malades, leurs corps sont simplement jetés dans la forêt.​
Le cannibalisme du Darfar est rituel et macabre, faisant partie de leur vie quotidienne, prescrit par leur vile religion.​

A Zamboula, les Darfaris ne pratiquent le cannibalisme qu’à la nuit tombée, mais il est probable qu’ils s’y adonnent en plein jour dans leur pays d’origine, sans la moindre vergogne. Ils gardent peu d’esclaves eux-mêmes, mangeant tous les prisonniers qu’ils pourraient prendre en temps de guerre, bien qu’ils achètent probablement des esclaves des Royaumes du Sud et les mangent aussi. Les chefs reçoivent les portions les plus intéressantes. Les crânes de leurs victimes décorent des piques à l’extérieur de leurs cases et les mains et les pieds ornent les arbres aux abords des villages.​

Les Darfaris pensent que la chair humaine a meilleur goût si la personne a été effrayée et forcée de courir pour tenter de s’échapper. Ainsi, ils essaieront généralement d’organiser une poursuite au lieu de simplement tuer quelqu’un. Lorsque la victime est attrapée, elle est amenée à s’asseoir sur le sol, les pieds sous les cuisses. Ses mains sont placées devant elle. On l’attache alors, pour l’immobiliser totalement. Dans cette posture, la proie est soulevée et placée dans une fosse bordée de pierres rouges, qui ont été chauffées par les femmes pendant que les hommes contraignaient leur repas en devenir. La victime, généralement encore en vie à ce stade, est ensuite recouverte de feuilles et de terre pour être rôtie dans la fosse de cuisson.

Une fois la cuisson achevée, le plat humain est amené à la hutte à palabres, pour être offert en sacrifice aux dieux sombres du Darfar. Certaines tribus peignent alors le corps en noir. Une fois les cérémonies terminées, l’offrande est sortie de la hutte à palabres, découpée et distribuée aux membres de la tribu.​

Religion du Darfar​

Cosmologie de base

​La cosmologie de base est un conflit continu entre le monde physique et le monde spirituel. Leur sombre religion consiste en un animisme primitif. Tout est lié aux esprits et les esprits sont partout. La religion Darfari se base sur l’apaisement et la supplication de ces esprits pour le bien d’une personne ou de la tribu. Les esprits ont de nombreux champs d’application, ce qui force les Darfaris à solliciter les esprits dans beaucoup de situations. Par exemple, avant d’essayer de soigner quelqu’un, le Darfari fera un bref plaidoyer ou proposera des choses à un esprit en charge de la santé, ou tentera de négocier avec un esprit pathologique pour qu’il quitte un corps. Avant de se déplacer furtivement dans un champ d’herbes, le Darfari, étant superstitieux, peut demander à l’esprit de la terre de lui offrir un passage discret ou prier pour qu’un esprit bruyant le quitte afin de s’attirer bon augure.​

Tout est une question de présage ou de signe. Tout ce que les Darfaris considèrent comme dominant ou grand a évidemment un esprit puissant qui a besoin d’être apaisé. Un Darfari qui passe devant un arbre particulièrement gros ou menaçant ou un affleurement rocheux laissera une offrande, même si ce n’est qu’un petit tas de pierres ou un peu de nourriture, avant de continuer. Les Darfaris croient que les esprits qui se sentent ignorés attaqueront avec des maladies et des malheurs.​

La religion Darfari est tribale. Ils n’essayent pas d’expliquer leur religion ou de convertir les autres. On est soit élevé avec la tribu pour croire en cette religion ou on ne l’est pas et on est donc pour toujours un étranger. Dans l’ensemble, la religion est conçue pour renforcer la nécessité d’une communauté parmi les Darfaris, afin de renforcer les liens tribaux.​
Ils croient que les esprits demeurent dans tout, y compris des parties d’eux-mêmes. Ainsi, ils brûlent rapidement les cheveux qui leur ont été coupés ou arrachés et ne laissent pas d’étrangers près d’eux s’ils saignent. Ils savent que les esprits dans les cheveux et le sang peuvent être utilisés pour la sorcellerie.​

La lune est un esprit particulièrement puissant. Lors de chaque pleine lune, les tribus se rassemblent pour l’attraper symboliquement et la manger, en utilisant des captifs comme moyen pratique et savoureux de représenter l’esprit lointain. La lune renonce alors à ses secrets cosmiques et dit aux tribus quand la pêche sera bonne, quand devraient avoir lieu les semailles et quel temps il fera. La Voie Lactée est un autre esprit puissant, gardien du temps et des saisons.​

Proximité

​La proximité est un puissant concept au Darfar. Toute chose est connectée aux autres, tant sur le plan spirituel que physique. Les rituels ramènent les Darfaris aux temps sacrés de leurs ancêtres, car le passé est proche du présent, qui est également proche de l’avenir. Les choses éloignées de leur origine sont perçues comme plus faibles, de sorte qu’un fils est plus faible que son père et qu’un Darfari qui est loin de sa tribu est plus faible qu’un membre de celle-ci. Les morts sont plus proches de la source de toute chose que des vivants, de sorte que les esprits sont plus puissants que les mortels.​

Mots de prière

​Les mots et la langue sont des forces puissantes au Darfar. Le chaman confie un mot magique et secret à chaque Darfari. Ce mot magique est prononcé comme une prière par cet individu.​

Vie après la mort

Une fois qu’une personne meurt, son âme est libre de se réincarner sous la forme de l’animal qu’elle désire. Elle peut également rejoindre le monde des esprits et ensuite être l’un des esprits qui affligent ou aident l’humanité. Un Darfari gardera souvent le crâne de quelqu’un qu’il a tué comme fétiche. Il priera celui-ci en prononçant le nom du défunt. En effet, toute demande faite à un esprit en mentionnant le nom qu’il portait de son vivant est supposée trouver grâce. Beaucoup de Darfaris pensent avoir accès à une magie primitive parce qu’ils croient au pouvoir des crânes et les utilisent pour leurs sortilèges.​

La puissance des rêves

​Les Darfaris croient que leur âme entreprend des voyages pendant leur sommeil et que les rêves sont les expériences de l’âme lors de ces voyages étranges.​

Culte des ancêtres

​Les Darfaris vénèrent leurs ancêtres, toutefois dans une moindre mesure que les Khitans. Le culte des ancêtres des Darfaris se limite à idolâtrer leurs pères décédés. Lorsque le père d’un homme meurt, son crâne et d’autres os sont placés dans une boîte en bois, le reliquaire. Le crâne est supposé posséder la pleine puissance de la personne décédée, ces boîtes sont donc traitées avec le plus grand respect. Les Darfaris leur demandent conseils, leur sacrifiant de petits animaux, généralement des poulets, pour s’attirer leur faveur et leur rendre hommage. Le crâne du père d’un homme est considéré comme une source de magie extrêmement puissante. Les femmes vénèrent les crânes de leurs mères.​ Une sculpture de gardien repose sur chaque reliquaire. Ces figures sont sculptées de manière presque obscène, représentant des organes sexuels exagérés et incroyablement apparents.

Sacrifice rituel

​Le sacrifice rituel est particulièrement macabre au Darfar. La tête et la colonne vertébrale de la victime sont arrachées conjointement. Les organes génitaux sont ensuite prélevés. Le reste du corps est démembré et utilisé pour fabriquer des fétiches et des talismans.

Dieu des Darfaris

​Les Zuagirs croient que les Darfaris vénèrent Yog, seigneur des demeures vides, avec des rites de feu qui se terminent toujours par la consommation de chair humaine.​ Yog, cependant, est un dieu du désert Shemite ou Turanien qui brûle ses victimes sous les rayons d’un soleil impitoyable. Il est probable que les Darfari ne vénèrent pas du tout Yog en dehors de Zamboula, et incertain qu’ils le vénèrent, même en Zamboula. Quoi qu’il en soit, les Darfaris de Zamboula jurent par Set, à l’instar de leurs maîtres.

Les Darfaris ne vénèrent pas de dieu désigné, mais observent une religion animiste basée sur de nombreuses divinités répugnantes et autre esprits sombres de la nature – des esprits animaux et de la jungle qui donnent au monde la magie et la vie. Les grigris, la sorcellerie et le juju sont les piliers de leur expérience religieuse, bien que la plus grande partie de leur magie soit dirigée vers les esprits pour amener le bon temps, encourager une bonne récolte ou réussir la guerre. La magie Darfari peu être farouchement dirigée contre les ennemis terrestres et s’avère souvent très efficace.​

Les Darfaris vénèrent plusieurs divinités, dont aucune ne vient surpasser les autres. Tout esprit ou dieu de leur panthéon qui est ignoré est susceptible de leur envoyer une foule de maux. Leur dieu créateur, la source de toutes les choses, s’appelle Anyambi et les autres dieux ténébreux incluent Nzame (qui a créé l’homme) et Nkwa (personnification du destin). Tout comme les dieux Cimmériens, les dieux des Darfaris sont indifférents aux souffrances de l’homme, mais les Darfaris insistent pour les honorer, de peur qu’ils ne leur envoient des malheurs.​

Les chamans-guérisseurs Darfaris (Nganga)

​Le nganga, est un herboriste et un chaman priant les esprits. Il peut aisément être identifié grâce à la peinture à la craie blanche qui recouvre son corps. Les ngangas ne dirigent généralement pas leur magie sur les ennemis terrestres mais plutôt vers les esprits, pour obtenir les effets souhaités, tels que le succès lors d’une bataille ou le beau temps. Les sorts sont des supplications pour que les esprits agissent pour le compte de la tribu. Par exemple, un nganga ne fera pas directement de mal à un ennemi. Au lieu de cela, il demanderait aux esprits de le faire. Le résultat final est identique mais le Darfari n’a pas usurpé le droit des esprits de faire leur travail. Ceux qui lancent des sorts directement sur des personnes sont connus comme des sorciers noirs et sont tués à vue.​

Le chaman est également chargé de confier son mot magique à chaque membre de la tribu. Celui-ci l’utilisera comme prière ou talisman tout au long de sa vie. La mort pour causes naturelles étant un concept inconnu des Darfaris, le chaman effectue des autopsies sur les individus morts de manière non violente. Il examine également le cadavre de toute personne morte de maladie ou de vieillesse, recherchant et trouvant toujours des preuves de sorcellerie parmi les organes ensanglantés. Il découpera les « preuves » et les maintiendra en l’air, déclarant combien de sorciers auront insulté la victime et causé sa mort prématurée.

Le chaman fabrique également des fétiches et des talismans. Les Darfaris croient qu’un fétiche est relié à son ancien propriétaire ou au défunt lui-même. Il peut s’agir de dents animales ou humaines, de cheveux, d’ongles, ou de tout objet ayant appartenu à une personne. Cela peut également inclure des choses liées au monde des esprits telles que les métaux et les herbes.​

La femme pénible (Emunega ane alerk)

Il s’agit d’une femme magique. Il y a deux critères pour être une emunega ane alerk. Premièrement, la femme échoue continuellement à effectuer une tâche donnée, pour laquelle elle est formée, sans pour autant faillir à toutes ses autres tâches. Elle ne parvient pas à accomplir ladite tâche, même si elle sait comment procéder, ce pendant plus d’une journée. Elle a une série de malchance dans un domaine. Le second critère est que la femme doit avoir transmis ce mauvais sort à un homme avec qui elle a eu des rapports sexuels. Si l’homme ne peut pas non plus effectuer la même activité dans les jours suivant leur rencontre, alors la femme est une emunega ane alerk. Le chaman l’envoie dans le désert pour trouver un certain type de bois dur, qu’elle seule saura reconnaître. Quand elle revient avec le fétiche, le chaman conserve le bois pour ses rituels magiques et récompense la femme. Son état peut revenir à la normale, ou bien elle reste une emunega ane alerk. Ceci dépend de sa veine et de sa capacité à transmettre sa malchance aux hommes qui ont des rapports sexuels avec elle. Une emunega ane alerk ornera habituellement ses narines de piquants de porc-épic pour montrer qu’elle détient ou a eu ce statut. Une emunega ane alerk peut devenir l’acolyte d’un chaman si elle choisit de porter ces ornements de nez.​

Culte de Ngil

​Le Ngil est une société secrète Darfari. Ngil signifie gorille. Les maîtres de Ngil portent des masques allongés et peints en blanc pour représenter la couleur des morts. Comme les chamans, les adeptes de Ngil se recouvrent le corps de craie blanche. Les tribus accordent aux Ngil un respect particulier et ils peuvent se déplacer librement parmi elles, car ils sont considérées comme puissantes dans le combat contre la sorcellerie et les démons. Un maître Ngil est généralement convoqué lorsque le chaman d’une tribu ne parvient pas à régler un problème, ou parce que celui-ci est décédé. Le maître Ngil arrive toujours la nuit, entouré d’acolytes portant des torches. Il est dit qu’une personne non initiée mourra si elle est embrassée par un des Ngil.​

Les Ngil doivent garder plusieurs tabous, appelés bityi. Les Ngil ne sont pas autorisés à être des femmes, ni à manger du poisson avec une femme. Ils doivent garder leurs os fétiches cachés des non-initiés. Ils ne peuvent pas brûler ou jeter au feu de la viande avariée, ni cracher dans un feu. Ils ne peuvent pas frapper du bois pourri ou des souches d’arbres. Le violation de l’un de ces interdits est supposée entraîner la mort du Ngil, directement ou par l’échec de ses sorts.​

Gouvernement Darfari

A l’instar des Terres Pictes​, le Darfar n’est pas une nation proprement unifiée sous un souverain, mais une zone sauvage occupée par un groupe ethnique. Il n’y a pas d’autorité centralisée. Les tribus sont autonomes mais interconnectées par le commerce intertribal et le partage des valeurs culturelles.

Les Darfaris ont des chefs de clans qui traitent à la fois des besoins spirituels et politiques des leurs. Le chef a toujours au moins un grand masque sculpté qui lui permet supposément de communiquer avec les ancêtres du village. Il doit également connaître les rituels du clan, puisqu’il est au centre de la plupart d’entre eux. Le chef de clan est un arbitre lorsque cela est nécessaire et choisit les chefs qui mènent des raids dans d’autres villages. Il est le symbole ritualisé de l’autorité, pas un dictateur. Il est considéré comme un gage vivant de la faveur divine.Il peut prélever un tribut auprès de toute famille qui souhaite vivre de manière permanente dans son village ou ces terres.​

En plus du chef de clan, la plupart des villages disposent un chef de guerre. Dans certains cas, ils peuvent être la même personne. Les chefs de guerre prélèvent souvent un tribut aux villages voisins, ce qui les prémunit d’une attaque.

La loi Darfari est au mieux informelle. Les conflits intra-tribaux sont souvent traités lors de concours de chant devant la tribu, chaque personne expliquant son côté de l’histoire dans la performance. Les conflits entre tribus sont toutefois un peu plus complexes.​

La solution typique pour les problèmes intertribaux suit ce modèle :

​Un villageois commet un crime ou un délit contre un membre d’un autre clan ou village. Le Darfari lésé se rend dans un village tiers et tue le premier animal ou la première femme qu’il voit. Lorsque le propriétaire de l’animal ou de la femme en sort, outré et demande à ce qu’il lui explique son geste, le premier explique qu’il a été lésé. Il identifie le village et le nom de la personne qui l’a blessé et dit à la tierce partie qu’il lui incombe maintenant de corriger le problème. La tierce partie Darfari se rend ensuite avec le premier lésé au village de l’auteur de l’infraction initiale et trouve ce dernier. Le tiers demande un dédommagement pour la perte de son animal ou de sa femme.​

À ce stade, toutes les parties se rendent dans la rue principale du village et racontent leur histoire devant tout le village. Ils tentent de s’entendre sur ce qui sera payé aux parties lésées. Le contrevenant doit offrir des biens au Darfari lésé d’origine, de même qu’au tiers s’il est jugé coupable par le village. Si aucun accord n’est trouvé, alors les deux villages lésés attaqueront le village en infraction jusqu’à ce qu’ils soient satisfaits, ce qui pourrait facilement dégénérer en une querelle sans fin.​

L’idée de l’intervention de la tierce personne découle du désir de décourager les actes criminels, en augmentant considérablement le coût de tels comportements.

Principales caractéristiques géographiques du Darfar

​Le Darfar est l’une des contrées les plus au nord des Royaumes Noirs, situé juste au sud de la Stygie. La rivière Styx le traverse et alimente son marais massif de l’est. Le Darfar est en grande partie une prairie dans le nord-ouest. Des collines séparent les prairies des forêts du sud, une ceinture dense d’environ trente à trente-cinq milles de large. Au-delà de la forêt, à l’ouest, se trouvent des savanes ouvertes.​

Capitale et grandes villes

​Aucune ville Darfari n’est mentionnée dans les histoires. Les Darfaris vivent probablement dans des villages primitifs. Cependant, une ruine majeure, la cité perdue de Xuchotl, se trouve dans la zone forestière du Darfar.

Lieux importants

​Le Darfar occidental est l’un des marécages les plus impénétrables de l’Ere Hyborienne. Ce marais est composé de grandes surfaces d’eau, de végétation submergée, de végétaux en lisière et comprend de grandes sections de forêts, de prairies et de garrigues inondées de manière saisonnière. Les crocodiles et les hippopotames sont également présents dans les marais.​

Autres tribus dans la région

​Kwanyi

​Les Kwanyi habitent les montagnes à l’ouest de Xuchotl, près du Lac de la Mort et de la Montagne du Tonnerre.​


Remerciements à Elros, Hettyk et Totchinuko pour la traduction
Source : JdR Conan Return to the Road of Kings