Stygie

Le Serpent du Sud​

Illustration de Peter C. Lee

La Stygie est une menace sinistre et décadente, une terre noire d’horreurs sans nom crainte par les races Hyboriennes.​​

Dirigée par une théocratie obscure dévouée au culte de Set, sa petite population est notoirement xénophobe et les gens sont obsédés par des sujets tels que la mort et l’immortalité, construisant de sombres tombes pour leurs mystérieuses momies.​​

La population d’environ quatre millions de personnes est notablement petite pour un royaume de cette taille, car il n’y a que peu de terres arables où le peuple puisse vivre et une demande constante de sacrifices par les cultes.​​

Le culte settite domine totalement la société stygienne. Les temples possèdent la plupart des terres arables et la bureaucratie du gouvernement est remplie de prêtres. Comme dans le cas de beaucoup de religions, cette théocratie stygienne est conservatrice et peu ouverte d’esprit, le contact avec le monde extérieur est permis au minimum. Ainsi le commerce est ramené au strict nécessaire.​​

La Stygie commerce de la soie, de l’ivoire, des peaux, des oignons, du papyrus, des esclaves et de précieuses pierres, contre du grain, du bétail et d’autres produits d’agriculture que leurs terres arides ne peuvent produire ou supporter.​​

Les lois stygiennes

​Les lois stygiennes sont restrictives et brutales. Des permis sont requis pour beaucoup d’éléments de vie, y compris – sans pour autant que ce soit limité – de changer de lieu de résidence, voyager à plus de 20 lieues de sa maison ou posséder armes et armure. Ces permis fournissent une paire d’outils puissants pour le gouvernement stygien : un revenu et une sécurité interne.​​

La vente de permis donne un revenu stable aux classes dominantes. La sécurité interne est fournie car les permis sont souvent refusés et cela empêche les dissidents connus de se rassembler. Il n’y a aucun recours légal pour ceux dont le permis a été refusé et faire quelque chose sans le permis requis implique de sévères punitions, telles que des amendes, des confiscations de biens et même des mutilations physiques, comme les flagellations publiques, démembrements ou exécutions. Les corps des criminels ne sont pas momifiés. Ils sont laissés à pourrir, leurs refusant une après-vie éternelle avec le Père Set.

​​Les crimes religieux sont punis encore plus sévèrement que les crimes séculiers. Ne pas assister à une cérémonie religieuse est une raison valable pour recevoir une lourde amende. ​​Échouer à reverser la dîme au temple soulève des amendes pires encore que ce que la dîme n’aurait été. De plus, le contrevenant doit tout de même honorer la dîme requise.​​

Les cérémonies sont requises par la loi et les prêtres font toujours payer ces services. Les exemples de ces rites requis sont nombreux : la récolte doit être bénie ; tous les enfants doivent être consacrés au Père Set ; même les morts ont des rites funéraires requis qui doivent être appliqués et payés. Échouer à remplir ces réquisitions est considéré comme hérésie ; la punition pour l’hérésie est la mort, la confiscation de toute propriété et l’asservissement de la famille entière du contrevenant. Les échecs répétés sont considérés comme hérésies.

​​En plus de ces rites requis, plusieurs animaux jouissent de statuts religieux protecteurs. Les serpents et les hippopotames sont sacrés et autorisés à exister sans maltraitance en Stygie. C’est à l’encontre de la loi Stygienne que de blesser l’un de ces animaux et le faire provoque une accusation d’hérésie.​​

Quand bien même le clergé n’insiste sur aucun comportement particulier devant un hippopotame, tous les Stygiens doivent s’allonger quand un serpent est en vu et doivent attendre qu’il attaque ou passe son chemin. Si un serpent attaque, le Stygien choisi par cet honneur est considéré béni par le Père Set et nul n’essayera de le sauver. La plupart des Stygiens ainsi bénis s’en vont silencieusement. C’est une étrange coutume acceptée par le peuple de Stygie avec une discrète dignité.​​

D’étranges coutumes

​D’autres coutumes stygiennes paraissent curieuses pour les étrangers. Les Stygiens en terres étrangères ne mangent jamais en présences d’inconnus, par exemple. Ces Stygiens refusent également de discuter de leurs terre natale. Peut-être craignent-ils des représailles s’ils sonnent critiques ; peut-être n’ont-ils simplement pas envie de penser à l’atmosphère et aux conditions qu’ils ont laissées derrière eux.​​

Les vêtements stygiens

​En raison du climat chaud, les Stygiens portent peu, voire même aucun vêtement. Les vêtements utilisés sont presque toujours extrêmement fins et légers, parfois même transparents ; plus riche est le Stygien, plus transparents sont ses habits. La soie est un matériau courant en Stygie, porté même par les laboureurs de bas étages. Le lin est un autre matériau pour les vêtements. La plupart des Stygiens s’épilent tout les poils du corps et portent des perruques.​​

Le henné est un colorant utilisé pour rougir les ongles ou les cheveux.​ Le khôl est une poudre noire utilisée sur les contours des yeux, ou pour noircir les sourcils ou les cils.​​

Le vêtement de base en Stygie est un simple rectangle découpé dans du lin enroulé dans le sens des aiguilles d’une montre autour de la taille et des genoux. Les Stygiens retournent le bout de ce pagne pour le doubler d’épaisseur, en repliant le haut sous la partie déjà enveloppée. Un morceau de lin est alors tiré contre le corps et on lui donne une torsion pour empêcher la partie intérieure de glisser.​​

Les hommes les plus aisés portent un pagne différent, qui est à moitié plissé et enroulé dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, avec la partie plissée tirée vers l’avant dans un nœud singulier qui est ensuite caché. Les nobles portent de longs pagnes transparents par rapport aux pagnes courts et demi-plissés. Les hommes plus âgés portent des pagnes plus longs que les hommes plus jeunes.​​

Les femmes portent généralement de longues tuniques blanches, lisses et ajustées, retenues par de larges bretelles. Le bord supérieur de la tunique vient au-dessus ou juste au-dessous des seins et le bord inférieur de la tunique atteint la cheville. Cette conception permet une grande liberté de mouvement en laissant les bras libres. Cette robe est pratique pour danser et facile à enfiler. Les tuniques coûteuses peuvent être peintes avec un motif de plumes colorées. Une plus longue robe en lin pour femme comprend un décolleté profond et large qui converge vers la taille. La plupart des robes ne couvrent qu’une épaule, laissant l’autre épaule et la poitrine nues.

​​Souvent, la tunique ou la robe est recouverte d’un vêtement extérieur, d’un manteau lisse ou plissé fabriqué à partir du meilleur lin. Il peut avoir des manches courtes ou il peut être épinglé sur le buste. Certaines versions sont attachées dans des plis décoratifs. Les vêtements d’extérieur sont toujours assez fins pour montrer les courbes féminines. La plupart des femmes portent cependant des tuniques traditionnelles (et souvent diaphanes) dessous. Les versions les plus chères sont diaphanes et moulantes.​​Différentes classes portent certains manteaux.​​

Un manteau est essentiellement une cape enveloppant les épaules ou les hanches. Les prêtres portent parfois la leur sur une robe, parfois juste au-dessus de leur pagnes. Un manteau se termine par une frange nouée de petits nœuds. Les nobles portent des capes de soie comme manteaux.​​ Certaines femmes nobles portent des robes en faïence perlée. Le motif ressemble à un filet à poisson, au motif en forme de losange.​​

Ces robes ne cachent rien mais sont extrêmement attrayantes. Elles sont le plus souvent bleues. Lors de festivités, les femmes de la classe supérieure stygienne portent des filets de perles de faïence cylindriques rouges, bleues ou vertes sur le tiers médian de leurs tuniques.

​​Ces filets limitent les mouvements, rendant même l’assise difficile. Cependant, s’habiller à la mode justifie parfois l’inconfort.​​

Les femmes les plus pauvres imitent ce style en attachant une ficelle ou deux de perles autour de leur taille ou même des rubans à rayures colorées.

​Un marchand porte un pagne de lin opaque, des sandales et un manteau de grande qualité. Un manteau de marchand est généralement une cape jusqu’aux hanches sur laquelle est peint le hiéroglyphe du commerce.​​

La royauté stygienne porte des tenues différentes des autres classes du peuple de Stygie, affichant son pouvoir et son association avec les dieux. Les vêtements portés par la famille royale ne sont jamais achetés. Les couturiers en fournit à la royauté stygienne en tant que présent de dévotion.​​

Exemples de vêtements royaux:

​- Nemes : C’est le heaume royal, complété avec de fins plissages en accordéon sur les revers. La bande est étroitement liée au dessus des sourcils et attachée à l’arrière.​

– Fausses Barbes : Portées par des hommes et des femmes de stature royale, les fausses barbes sont un symbole important de divinité pour les Stygiens.​

– Shendyt : Le kilt royal, complètement plissé en accordéon, est enroulé dans le sens contraire des aiguilles d’une montre autour du corps.​​En plus de leurs habits, beaucoup de femmes royales et nobles choisissent de simplement peindre leurs corps avec du henné, souvent en forme d’habits à motifs de filets. Hormis les peintures ou peut-être quelques bijoux choisis, elles sont nues ou torse nu.​​

La plupart des esclaves travaillent nus. Les esclaves qui sont les jouets de la noblesse portent de curieux colliers verts pour empêcher qu’ils ne soient achetés et vendus à des citoyens ordinaires.​​

Les servantes s’acquittent de leurs tâches en portant uniquement des jupes ou des tabliers si nécessaire. Sinon, elles remplissent leurs fonctions nues. Elles sont censées maintenir leurs corps parfaitement épilés pour ne pas gêner ceux pour qui elles travaillent. Les serviteurs ayant des fonctions cérémonielles dans les temples de Set portent des robes rouges sans manches.​​

Statut social

​La mystérieuse Stygie est organisée en une société impénétrable avec un système de classes strict reposant essentiellement sur les caractéristiques raciales physiques.

​​La noblesse et la royauté Stygienne sont des gens relativement grands dotés de cheveux noirs et d’une peau claire, comme l’étaient leurs ancêtres, les habitants originaux de Stygie.​​

En dessous d’eux, les hautains, l’élite dirigeante de l’aristocratie, les prêtres et la puissante classe moyenne ont la peau sombre et des nez tels des becs de faucon. Curieusement, c’est la caste où le plus de non Stygiens sont considérés comme de vrais Stygiens.

​​Tenant les rênes du pouvoir au gouvernement et dans les temples, l’aristocratie laisse les nobles vaquer dans la cour de Luxur.​​

La caste guerrière sont une espèce grande et musclée, au teint sombre, avec ces mêmes nez de faucon.​​

La plus basse des classes, celle des serfs et des esclaves, est un héritage mélangé, des variantes hybrides de sang étranger et stygien. En dessous de cela sont les mercenaires étrangers employés pour soutenir l’armée stygienne.​​

Commerce et économie

​Malgré son aridité, la Stygie possède plusieurs industries. La Stygie commerce de la soie, de l’ivoire, des peaux, des oignons, du papyrus, des esclaves et de précieuses pierres en échange de grain, de bétail et d’autres produits d’agriculture que ses terres arides ne peuvent produire ou supporter.

​​La datte de palmier pousse le long des riches rivages du Styx. Le Styx est également source d’une industrie de la pêche assez conséquente. L’élevage nomade assure la subsistance de larges secteurs en zone non-urbaine.​ Les Stygiens urbains produisent des joyaux ensorcelés, des médicaments et drogues magiques fabriqués à partir d’ingrédients tels que le lotus noir et violet.​

La soie et la manufacture d’arme sont aussi des industries d’exportations majeures. Même si les armes stygiennes ne sont pas prisées par les non-Stygiens, la soie est produite en grande quantité.​​

En plus de leurs propre produits locaux, les marchands Stygiens pillent les Royaumes Noirs pour l’ivoire, les perles, les peaux et des esclaves à marchander, les transportants le long de la Rivière Styx jusqu’à la mer.​​

Les marchands Stygiens s’aventurent même aussi loin que le Khitai, souvent en recherche de produits pharmaceutiques mystiques.​

La Stygie négocie des produits de luxe en provenance d’Iranistan et de Vendhya.

​La richesse stygienne est également maintenue par sa modeste flotte, s’attaquant aux embarcations hyboriennes.​​

En dépit de son aridité, le pays est riche et cette richesse ruisselle au travers de toute la société, au point que mêmes les esclaves Stygiens portent de la soie.

​​Pour la plupart, les échanges se font via le troc. Même si la Stygie a une monnaie, cette forme d’échange est toujours couramment utilisé. Les salaires sont souvent payés en nourriture, puisque de toute façon, la plupart des gens dépensent leur argent à ces fins.

En outre, si l’on est frugal et conserve un peu de nourriture, l’on peut devenir riche en temps de famine. Bien des roturiers se sont élevés dans la société car ils surent comment garder du grain et, quand la famine est arrivée, l’ont échangé aux affamés contre des terres et des esclaves. A la fin de la famine, l’ancien roturier devint lui-même un riche propriétaire terrien.​

Les travailleurs agricoles offrent souvent leurs services ou des produits artisanaux aux temples et prêtres en échange de cérémonies, amulettes et soins.​​ En plus du troc, la Stygie a une forme de monnaie. Même si la Stygie ne frappe généralement pas de pièces de monnaie, les Stygiens fondent les pièces d’or, de cuivre et d’argent qu’ils reçoivent ou volent à d’autres nations en anneaux d’or, de cuivre et d’argent d’un certain poids. Ces anneaux sont utilisés comme une forme de monnaie en Stygie. Néanmoins, il y a quelques pièces, frappées au Shem pour la plupart. Elles le sont avec l’image du roi et du dieu Set.​​

Une pièce d’argent est appelée sethi, une pièce de cuivre gurah. Un sethi est l’équivalent du salaire journalier d’un ouvrier agricole. ​Les pièces étrangères doivent être manipulées délicatement en Stygie. Les pièces aquiloniennes par exemple, sont illégales dans la majorité du pays, apportant au porteur plus d’ennuis pour lui et sa famille qu’on ne pourrait penser justifiable.​ Également, tout l’or en Stygie appartient au roi, à Luxur. Quiconque trouvé possédant de l’or doit l’avoir en tant que cadeau du roi ou l’avoir volé d’une tombe. Tous les cadeaux reçus du roi sont enregistrés à la Trésorerie de Luxur.​​

Le commerce n’est pas uniquement une activité économique dans la sombre Stygie. Il porte également une importance sociale. L’échange de cadeaux entres deux partis inégaux joue un rôle dans la reconnaissance du statut social, donnant de l’honneur et prouvant sa générosité.​​

L’armée stygienne

​La Stygie possède des frontières parmi les plus sécurisées du monde et est dotée d’une armée impitoyable et strictement disciplinée.​​

La théocratie dirigeante, obstinément conservatrice, force la caste des guerriers à porter des armures obsolètes et à utiliser d’antiques armements, incluant des chariots de guerre toujours fabriqués de manière traditionnelle. Le combat au chariot est un art noble et la cavalerie est basique, seyant uniquement aux mercenaires étrangers. Même si les armées stygiennes sont des anachronismes ambulants même durant l’Âge Hyborien, elles sont efficaces. Leurs hommes et chevaux sont accoutumés au climat et à la géographie de Stygie. Leurs armées sont également supportées par les sorciers-prêtres, ces derniers appelant des pestes noires venant de tombes obscurcies pour les aider à repousser les envahisseurs. L’armée est bien coordonnée et extrêmement mobile, brave et formidable. Elle est considérée comme une puissance militaire majeure.​​

L’armée stygienne pourrait être amenée à submerger rapidement les envahisseurs en nombres, négligeant souvent la supériorité tactique et l’équipement.​​ Curieusement, malgré leur force, la Stygie est très réticente à envoyer ses forces par-delà ses frontières, même pour récupérer des terres capturées.​​ Les massues, les masses à tête en pierre, les poignards et les fers de lance en bronze et en cuivre sont des armes stygiennes typiques. Le khépesh est une arme couramment utilisée en Stygie.​​

La plupart des armes stygiennes sont faites de bronze. Les artisans locaux sont rompus à leurs techniques ancestrales. De même, les armures sont faites en bronze et sont typiquement lamellaires. Les boucliers sont arrondis au sommet et plats en bas, fabriqués en bois et en peau. La plus impressionnante arme stygienne est probablement l’arc stygien, lequel s’est développé en réponse aux arcs shémites.​​

Seules les classes supérieures ont le droit de porter des armes – les servants et les ouvriers n’ont pas le droit de s’entraîner ni de porter d’arme et d’armure sauf en cas de conscription. Les soldats en dehors du service, sauf les officiers, n’ont pas le droit de porter d’équipement.​​

La religion en Stygie

​La religion en Stygie est synonyme de la vénération du Père Set, qui règne sans partage sur cette sombre terre. Son panthéon, cependant, inclut plusieurs dieux hideux, demi-bêtes, comme subordonnés.​​ Il fut un temps, d’après Xaltotun, la plus grande partie du monde était visiblement dominée par le Vieux Serpent. Set, aujourd’hui, est principalement vénéré en Stygie et aux endroits à forte influences stygienne, telles que certaines régions de Kush et Shem et par quelques sorciers sombres éparpillés de par le monde.

Le symbole de Set est le serpent écaillé, enroulé, avec sa queue dans sa gueule.​​

C’est une religion sanglante, une survivante des étranges cultures pré-humaines détruites par les Stygiens durant les temps pré-Cataclysme.​​

Il fut un temps, Set marcha sur terre sous une forme humaine et créa cette ancienne et mystérieuse race. Désormais le dieu des Stygiens, le culte de Set est interdit par les Hyboriens, qui voient en Set l’antagoniste de Mitra et craignent les lugubres et mystérieux rituels des prêtres de Set.​​ Les rituels spécifiques utilisés pour vénérer Set sont un secret bien gardé mais sont réputés sombres et sinistres, impliquant d’innommables rites et des sacrifices humains en quantité macabre.

​Les prêtres portent des masques monstrueux, à l’apparence de bêtes, surmontés de plumes d’autruches dans certaines cérémonies. Les processions silencieuses et rituelles jouent elles aussi un rôle inexplicable dans cette sombre religion.​

Des objets sacrés, tels que de curieuses bougies noires sur lesquelles vacille une étrange lumière verte et des bâtons montés de crânes blancs, abondent dans les sombres cérémonies de magie noire des Stygiens. Les bêtes sacrées, terrestres ou autres, abondent dans leurs culture religieuse.​​ Des pythons géants chassent à l’extérieur, dans les allées obscures de la noire Khemi et d’innombrables captifs humains retenus dans de profondes fosses sont sacrifiés à des monstres informes venus des abysses. Des serpents irisés géants et drogués attendent, enroulés dans les temples de Set, prêts à accepter le culte et les sacrifices des prêtres.

Presque tout les prêtres de Set sont des sorciers qui terrifient leurs sujets autant que leurs ennemis, car ils peuvent et vont sacrifier leurs propres suivants pour atteindre leurs fins corrompues.​

Les plus puissants de ces prêtres sont membres de l’Anneau Noir. Ces prêtres se rassemblent en des lieux sacrés, tels que des pyramides surplombant le paysage stygien, pour opérer leurs rituels.​​

Les pyramides de Stygie, possiblement bâties par les races pré-humaines remplacées par les Stygiens, servent désormais de temples aussi bien que de tombes pour les momies de l’élite Stygienne. La momification est pratiquée par les Stygiens depuis bien avant le Grand Cataclysme, même avant le passage à la Stygie des temps modernes. Cela est toujours pratiqué et représente une croyance en l’Après-vie pour les fidèles suivants de Set.​​

Ishiti

​Ishiti est une ancienne démone-serpent liée à Set et à son sombre panthéon de dieux funestes.​

C’est un démon qui apparaît de façon variable, soit comme une femme qui ressemble à un serpent à partir de la taille avec des serpents comme cheveux, soit comme ressemblante à un serpent à partir du bas de la nuque.​​Elle gouverne le temps, les serpents et les hommes-serpents. Son souffle peut changer un homme d’humain à homme-serpent. Elle n’aime pas qu’on lui mente. Même si elle est une déesse-démone de Set, elle n’est pas sans compassion. Au contraire des dieux, elle peut se manifester elle-même. Elle fut originellement vénérée par les hommes-serpents de la préhistoire avant qu’ils ne soient exterminés par le Roi Kull.​​

Ishiti est le démon qui fut invoqué pour garder les Pyramides Hantées de Stygie. Pour les bâtisseurs de tombes dans la nécropole à l’extérieur de Luxur, elle est une dangereuse mais compatissante déesse qui adore le silence. Elle exècre les menteurs et les pécheurs. Elle est si féroce dans sa poursuite des menteurs qu’elle est appelée le Lion du Sommet.​​ Pour les pieux, elle est une protectrice contre les morsures de serpents, surtout pour les ouvriers des tombes.​​

Le gouvernement stygien

​La Stygie est une théocratie. Le gouvernement clame son droit de diriger au nom de Set, une ancienne et malsaine déité. Le roi démontre ou clame avoir le support de Set et son panthéon – et prétend que quiconque tente de déchoir le roi encourt le risque de s’exposer au mécontentement de tous les dieux.​​

Presque toute la bureaucratie de Stygie comprend des prêtres. Les plus grands complexes de temples sont presque des villes en elles-mêmes, employant pratiquement toute sorte d’ouvriers.

​​Les boulangeries, brasseries, pêcheries, étables et fermes sont autant de bâtiments pouvant faire partie de ces complexes. Les produits et animaux fermiers arrivent constamment et tout est enregistré par les scribes du temple.​

Les artisans et administrateurs travaillent également dans cet endroit tout comme les prêtres permanents.

​​Le Temple de Set de la ville de Luxur emploie plus de 81 000 personnes, par exemple.

Des milliers de Stygiens sont nécessaires pour s’assurer que la Stygie fonctionne selon les désirs du roi. Il prétend être le maître du Monde et règne sur tout ce qui est vu et invisible. Les prêtres et la bureaucratie le servent donc en tant qu’yeux.​​

La bureaucratie fonctionne telle une pyramide :​​

– La base de la pyramide est constituée de simples scribes. Ils travaillent comme clercs, enregistreurs, collecteurs de taxes, distributeurs d’approvisionnement et comptables. Les scribes qui se démarquent peuvent s’élever au niveau supérieur du gouvernement et superviser les autres scribes. Cependant, être un simple scribe est un titre respectable et un statut supérieur à un roturier illettré ou un fermier. Les scribes sont essentiellement des érudits, bien que n’importe qui puisse suivre cette formation.​​

– Au-dessus des scribes dans le schéma du gouvernement stygien viennent les dignitaires, qui sont Hauts-Prêtres, officiers militaires, fonctionnaires de la ville et gouverneurs. Les dignitaires vivent comme de riches propriétaires terriens. Bien sûr, la plupart d’entre eux le sont. Les scribes compétents peuvent souvent tracer leur chemin jusqu’à ce degré du gouvernement. Ces personnes sont généralement de la moyenne ou basse noblesse.​​

– Au-dessus des dignitaires sont situés les plus doués et les plus influents des nobles et des dignitaires, choisis par le roi pour servir en tant qu’administrateurs centraux. Ils portent généralement des titres impressionnants, tels que Maître des Surplus du Roi. Un autre dignitaire de premier ordre est le Porte-Parole de Set, l’un des politicien les plus influents et l’un des sorciers les plus puissants de la Maison de Vie de Set. Thoth-Amon est actuellement Porte-Parole de Set dans la cour de Ctesphon IV. Ces administrateurs vivent presque comme les rois eux-mêmes, dans d’immenses maisons atteignant presque la taille de palais et sont dotés de grands nombres de servants. Ce sont presque toujours des personnes de haut rang, même si quelques personnes de la noblesse moyenne peuvent s’élever à ce degré.

​​- Au-dessus des administrateurs centraux se situent les deux vizirs du roi. L’un des vizir sert la Stygie depuis le coude du Styx à l’ouest et l’autre est en charge de la Stygie depuis le coude du Styx au sud. Une ligne diagonale partant du virage de Taia vers Sukhmet trace la délimitation des pouvoirs dans le désert. Ces vizirs sont les yeux et les oreilles du roi, à qui tout est rapporté.​​

– Au sommet de la pyramide se trouve le roi de Stygie. Il est le juge suprême de tout conflits et le souverain du peuple. Il est commandeur de l’armée et représentant des dieux sur Terre.​​

Caractéristiques géographiques majeures de Stygie

​La Rivière Bakhr

La Rivière Bakhr est un petit affluent du Styx. C’est un cours d’eau stagnant et boueux rempli de crocodile mortels. Elle rejoint le Styx au nord de Nebthu et à l’est de l’oasis de Khajar où Thoth-Amon habite.​​

Ellobolu

Ellobolu est un long et étroit lac longeant le Styx à l’est. Il est bordé de marbre et on le dit sans fond.​​

Le Marécage du Lotus Pourpre

Le Marécage du Lotus Pourpre est un marécage hanté dans le sud de la Stygie, où poussent les lotus pourpres. Le lotus pourpre est une plante dont l’extrait cause une paralysie temporaire immédiate, même en petite quantité.​​

L’Île de Siptah

L’Île de Siptah est une île au large des côtes du sud de la Stygie. Les démons et les monstres invoqués et créés par le légendaire sorcier stygien Siptah habitent sur cette île hantée.​​

Le Lac Zuad

Le Lac Zuad est un grand lac près de la frontière avec Kush d’où provient le peuple Tlazitlan.​​

La Rivière Styx 

La Rivière Styx est probablement l’une des rivières les plus connues des paysages de l’Âge Hyborien et la caractéristique géographique déterminante de Stygie. Aussi connu comme étant le Nil, le Styx est de loin la plus grande rivière du Sud, une véritable artère vitale de l’agriculture et de la fertilité sur toute sa longueur, depuis les obscures terres des Royaumes Noirs jusqu’à la bouche béante de Khemi.

​Le Styx lie la Stygie dans le nord et constitue un fleuve large et profond, navigable sur la plus grande partie de sa longueur. Sa source est quelque part dans les jungles du sud du Zembabwei où la rivière devient marécageuse et fine, infestée de maladies et d’horribles insectes.​

La rivière est brisée par des chutes et des cascades d’eau vive une fois qu’elle passe devant le Marécage du Lotus Pourpre.​

Le grand coude du Styx, à deux milles lieues ou plus en amont de sa bouche, se trouve dans une zone appelée Taia.

​Des collines et falaises marquent la rive nord de la vaste rivière et plusieurs canaux couverts de roseaux, lagons noirs, marécages infestés de serpents, courants affluents et rivières s’y jettent depuis le sud.​

De grands crocodiles et des hippopotames massifs essaiment les régions peu profondes du Styx. Les Stygiens utilisent la rivière pour irriguer les cultures le long des côtes fertiles du Styx, qui déborde une fois l’an en déposant un sol riche en minéraux sur toute sa longueur.​

Plusieurs petites îles peuvent être trouvées dans les vastes étendues du Styx et de grandes cités, temples mégalithiques et statues sont construits sur ses côtes, ainsi que plusieurs domaines de nobles. En quelques endroits, tel que le Fort de Bubastes près de la Rivière Bakhr, le Styx est guéable.​ Le terminus du Styx est la grande ville de Khemi aux murs noirs, qui se trouve à son embouchure et garde la rivière.​​

Les Montagnes Taian

Les montagnes Taian se trouvent dans le coin nord-est de la Stygie, où la Rivière Styx fait pivote de quatre-vingt-dix degrés vers l’océan depuis les jungles des Royaumes Noirs. Quelques-unes de ces montagnes sont des volcans toujours actifs.​​

Villes stygiennes importantes

​Harakht

Harakht est l’ancienne et maudite cité du Dieu-Faucon où des Stygiens à la peau hâlée et vêtus de robes aux teintes ambrées entonnent des chants étranges devant ses immenses idoles. Les étrangers sont interdits d’accès dans la cité. La cité borde le long de la Rivière Styx est à moins d’un jour de cheval de l’Oasis de Khajar où vit le grand Thoth-Amon.

​​Khemi

Khemi, avec ses puissants châteaux noirs, est la capitale religieuse de Stygie et possède une population de 25 300 personnes. C’est la plus grande cité stygienne, positionnée vers l’Océan de l’Ouest. Malgré le commerce maritime dirigé depuis cette cité, Khemi est une métropole scellée et ne permet pas aux non Stygiens d’entrer, exceptés en tant qu’esclaves. Ainsi, tout commerce avec la Stygie doit se faire avec les navires, capitaines et équipages Stygiens. Les seules exceptions sont les ambassadeurs et les marchands autorisés et même eux doivent quitter la ville après le crépuscule.​

De monstrueux serpents, gardés dans les temples, sont autorisés à se mouvoir dans la ville lorsqu’ils ont faim, cherchant des proies. Les gens qui aperçoivent ces épouvantables horreurs tombent à genoux et attendent le dénouement de leur destin. Ceux que les serpents choisissent sont considérés comme sacrifices à Set. Le meurtre de l’un de ces serpents est l’un des pires crimes punissable dans la cité.​

La cité est obscure après le crépuscule et les seules lumières visibles brillent depuis les plus hauts sommets des bâtiments oppressants. Le marché ferme avec la venue de l’obscurité et peu se risquent dans les rues après cette heure.​

Des jardins artificiels de palmiers poussent sur les toits de bien des bâtiments et la plupart des citadins dorment dans ces jardins. Des chariots de bronze, antiques dans leur esthétique, transportent souvent des nobles et des prêtres au travers de la ville.​

L’architecture de Khemi est massive, écrasante et oppressante. Les rues sont étroites mais s’élargissent quelque peu à l’entrée du quartier du temple.

​Le Temple de Set accueille les momies de bien des anciens membres de l’Anneau Noir. D’autres temples dans le quartier recèlent d’autres choses horrifiantes. La plupart des grandes pyramides et des temples souterrains secrets peuvent être trouvés près de la cité noire.​​

Kheshatta 

Kheshatta est une répugnante cité de sombres magiciens dans le sud de la Stygie. Elle borde une route caravanière qui monte depuis Kush.

Aujourd’hui il s’agit du quartier général de l’Anneau Noir. Dirigée par les magiciens, le clergé de Set n’a pas de réels pouvoirs ici, pas plus que le Roi Ctesphon IV, pharaon de Stygie. La cité est réputée être un nid à trésors de savoirs anciens interdits et de funestes objets cérémoniels.​​ Avec une population de plus de 12 000 personnes, c’est une grande ville et bien plus d’une centaine de ces personnes sont des magiciens sombres, membres de l’Anneau Noir.​​

Luxur

Luxur, avec une population de 18 894 personnes, est la capitale royale de Stygie, le site du Trône d’Ivoire où le Roi Ctesphon IV siège. Le roi apparaît moins xénophobe que la plupart du reste de la population, donnant occasionnellement la permission à des étrangers, spécialement des érudits, d’étudier à Kheshatta. Luxur contrôle la plupart du trafic fluvial de Stygie et de bien des routes de caravanes venant de Shem, en faisant un point commercial stratégique d’une importance considérable, rivalisant avec Khemi en termes de puissance économique.​

Située sur le cours supérieur de la Rivière Bakhr, les terres entourant Luxur furent raisonnablement fertiles et humides. Mais l’écoulement lent de la ligne de flottaison de la Rivière Bakhr a causé quelques problèmes.​

Thoth-Amon maintient une résidence ici.​ La sombre déesse Derketo a une forte présence en la cité, elle représente une religion sensuelle de plaisirs sexuels et d’orgies.​​

Nebthu

Nebthu, la Cité des Tombes, est une ville en ruine qui se dessine le long de la Rivière Bakhr près du Styx. Nebthu est bien connue pour la grande statue de hyène-sphinx assise en dehors des fondations délabrées qui sont tout ce qui persiste de l’ancienne ville. Les grands pylônes des portes sont les seuls vestiges des murs anéantis.

Pteion 

Pteion est une ruine des anciens temps dans l’est de la Stygie. Le désert l’a entièrement engloutie. L’on dit que la cité était essentiellement souterraine de toute manière, fondée par les hommes-serpents de Velusia.​​

Sukhmet 

Sukhmet est une ville dans le sud de la Stygie, bâtie dans les prairies de la frontière. Des mercenaires soutiennent les défenses de la cité, protégeant la Stygie des pillards Darfaris.​​

L’Histoire de la Stygie

​Les fondateurs de la Stygie vivaient sur la côte orientale du continent Thurien durant les temps pré-Cataclysmiques.​​

Après qu’Atlantis et Lémuria coulèrent sous les flots durant le Grand Cataclysme, cette ténébreuse terre des Proto-Stygiens fut envahie par des Lémuriens fuyants. Cette culture pré-Stygienne asservit les réfugiés du désastre et les brutalisa. Écrasés et détruits, les Lémuriens ne devinrent guère plus que des hommes-bêtes durant leurs années de captivité, mais ils finirent par jeter à bas leurs jougs d’esclaves et détruire leurs détracteurs, brûlant leurs villes et détruisant leur civilisation.

Les quelques Proto-Stygiens restant, dont le nombre devait avoisiner les quelques milliers, fuirent les rebellions d’esclaves et arrivèrent dans le Vilayet, une grande mer intérieure créée par un cataclysme mineur quelques milliers d’années avant le Grand Cataclysme, puis se dirigèrent vers le sud.​ Certains érudits pensent qu’une partie d’entre eux aura préféré se rendre plus au nord et établit Achéron. D’autres érudits argumentent que ceux-ci fondèrent Zamora.

La vérité est cachée derrière l’épais brouillard du temps.​​ Cependant, il est bien connu que les Proto-Stygiens qui voyagèrent vers le sud arrivèrent sur la puissante rivière qu’ils appelèrent Styx et conquirent une culture pré-humaine, la race des Rois-Géants à qui l’on doit les pyramides noires et les tombes hantées situées sous celles-ci.​​

L’on en sait peu à propos de cette civilisation en dehors de quelques indices. Cette race était plus grande que l’humain moyen d’aujourd’hui. Leurs yeux brillaient comme des flaques de feu rehaussées par leurs sourcils.

​​Les Proto-Stygiens finirent par admirer ces êtres, traitant le peu qui restait comme des dieux et adoptèrent bien des aspects de leurs culture. Ce mélange culturel devint la Stygie.​​

La Stygie s’étendit et dirigea les terres de Shem, ArgosKothOphir, et, peut-être le sud de la Corinthie. Achéron était la plus puissante rivale de la Stygie, aussi bien sur le plan militaire que magique. Quelques érudits théorisent qu’Achéron fut fondé par des colons Stygiens et d’autres par des Proto-Stygiens qui ne suivirent pas leurs semblables vers le sud.​​

Quelques preuves semblent démontrer qu’Achéron fut fondée par une culture pré-humaine supplanté par la Stygie. Xaltotun, par exemple, est décrit comme étant grand, blanc, doté d’yeux luminescents.​

Ce grand peuple à la peau albâtre, aux yeux reptiliens, fut renversé par les Proto-Stygiens et son culte du sombre Set fut assimilée au bourgeon naissant de la culture stygienne.​​

Quand les Hyboriens détruisirent Achéron des siècles après, les Stygiens furent reboutés au-delà du Styx par les Hyboriens du jeune Koth.

​​Kuthchemes, autrefois une importante ville stygienne, fut mise à sac et abandonnée. La Stygie ne tenta plus jamais de s’étendre aussi loin. Au lieu de cela, le maussade royaume se concentra plus sur ses affaires internes et sa défense, peut-être inquiet à l’idée de risquer, comme sa sinistre sœur Achéron, sombrer de même.​​

Aujourd’hui, la Stygie passe pour être l’obscur empire rêveur du sud, vilipendé par les nations Hyboriennes. Elle reste cependant toujours une intrigante place forte des sombres pouvoirs de Set.​​

Créatures locales

​Des serpents de toutes tailles peuplent la Stygie, comme le font les chacals, les lions et d’autres carnivores. D’immenses crocodiles et chevaux de rivières (hippopotames) prospèrent dans les rivières Styx et Bakhr. D’étranges créatures demi-humaines telles que des manticores, des lamias et des mermecolions hantent les anciennes ruines pré-humaines.​


Remerciements à Hettyk pour la traduction
Source : JdR Conan Return to the Road of Kings