La religion en Zamora

Les Zamoréens vénèrent de nombreuses divinités et n’ont aucun problème quand il s’agit d’importer et d’accepter des dieux étrangers. La plupart des cités zamoréennes ont un dieu local patron de la ville qui la représente d’une manière ou d’une autre. Le dieu-araignée de Yezud est l’une de ces divinités. D’autres dieux représentent des forces naturelles ou encore des concepts, comme c’est le cas de Bel, dieu Shemite adopté par Zamora, patron des voleurs et de la cité d’Arenjun. Pour un étranger, le panthéon zamoréen semble extrêmement complexe et difficile à comprendre, voire carrément oppressant. Tous les prêtres Zamoréens réclament une obéissance absolue de la part de leurs congrégations et développent des talents de mesmérisme afin d’assurer la loyauté sans faille des leurs. Plus de détails peuvent être trouvés dans le livre Shadizar City of Wickedness.​

Zath, le dieu araignée

L’un des plus célèbres des nombreux dieux de Zamora est le dieu-araignée de Yezud, connu sous le nom de Zath. L’épicentre du culte de Zath se situe à Yezud, où de jeunes acolytes, vêtues de perles jais, dansent devant l’araignée de pierre noire représentant leur dieu. Zath est un dieu de pureté et ses prêtres combattent la dégénérescence. Leur objectif est de purifier Zamora afin de l’élever vers un nouvel âge d’or. Le temple principal de Yezud, plus grand qu’un palais turanien, se vante de sa statue colossale du dieu-araignée. C’est une étrange, hideuse idole noire aux pattes hérissées de poils, sculptée dans une pierre noire polie. Zath est une déification des araignées géantes natives de Zamora telle que celle nichant au sommet de la Tour de l’Éléphant.​

Les rites religieux destinés à Zath sont extrêmement ritualisés et impliquent de nombreux prêtres et danseuses nues uniquement vêtues de perles de jais. Le sanctuaire du temple de Zath possède deux portes de chaque côté de l’autel. Une procession de prêtres majestueux portant des turbans de soie colorée et brodée, vêtus de brocarts et de robes aux teintes variées sort par la porte de gauche. Ils portent des sceptres rituels incrustés de bijoux et ornés d’argent ou d’or, selon leur rang. A leur tête se trouve le Haut Prêtre, vêtu d’une robe blanche et d’un turban noir. L’un des prêtres accompagne la procession par un chant louant la pureté de Zath. Quatre des prêtres se déplacent alors vers la flamme éternelle conservée dans le temple et réalisent des rites complexes impliquant un calice d’argent, un miroir de bronze, une dague incrustée de joyaux et une clé d’or, faisant passer chaque objet au travers de la fumée de la flamme éternelle.​

Suite à ce complexe et incompréhensible rituel, les prêtres s’alignent de l’autre côté du sanctuaire et les huit danseuses, révérées pour leurs vertus et leur souplesse, franchissent solennellement la porte de droite. L’un des prêtres entonne alors une mélodie sinistre à la flûte et les danseuses entament une danse lascive qui s’achève lorsqu’elles se prosternent au sol, touchant chacune l’une des pattes de la statue colossale de la monstrueuse Zath. Main dans la main, les danseuses quittent l’autel et le Haut Prêtre adresse un sermon à ses ouailles. Les danseuses reviennent vêtues de robes arc-en-ciel et chantent un hymne tandis que l’on collecte les donations dans la foule. Après quoi une autre chanson est entonnée par la congrégation dans son ensemble, et le rituel prend fin.​

Les habitants de Yezud croient que leur statue de Zath est Zath, et que le dieu-araignée peut adopter une forme vivante à volonté, généralement la nuit et en présence de ses prêtres. ​La méthode d’exécution prépondérante à Yezud est de jeter le criminel en pâture au dieu-araignée.​

Bel

Le dieu-araignée de Yezud n’est pas la seule divinité de Zamora. Les Zamoréens importent certains dieux venus d’autres cultures en fonction de leurs besoins et désirs. L’un de ces dieux est Bel, dieu des voleurs dans le panthéon zamoréen. Il semble peu probable que ce dieu demande des sacrifices humains, contrairement à la plupart des autres. Bel est décrit à la fois comme vigoureux et rusé, comme il sied à un dieu des voleurs. Bien qu’il soit à l’origine un dieu Shémite, il est considéré comme le patron d’Arenjun.​
On murmure à son sujet que même l’aimante Ishtar, même Mitra miséricordieux, et même le tout puissant Crom au sommet de sa montagne frémissent sous le ricanement insistant de Bel. Bel, le plus grand des dieux, le plus habile des voleurs et le premier à le rappeler à tout le monde.​

Bel apprécie tous les petits luxes de la vie. Les meilleurs vins, les mets les plus rares, les vêtements les plus extravagants, les plus belles parures et les plus beaux bijoux… tous sont chéris par le dieu des voleurs et font donc d’excellentes offrandes. Bel, même s’il en avait eu l’envie, ne pourrait nier son sang Shémite. Comme bien d’autres nés dans ces contrées, la promesse de ces trésors scintillants attise l’avidité du dieu.​

Les rumeurs font de Bel bien des choses et bien des gens, ayant vécu de nombreuses aventures au cours de sa vie. Les histoires insistent sur le fait qu’il naquit en simple homme mortel, mais qu’en ayant découvert la faiblesse de chaque dieu et volé à chacun d’entre eux son plus puissant artefact, il ne leur laissa pas d’autre choix que de l’accueillir comme l’un des leurs. Depuis, l’histoire raconte que les autres dieux sont à couteaux tirés avec Bel – et la réponse de Bel face à cela est bien sûr de rire d’autant plus fort et de continuer à distribuer ses bénédictions aux voleurs assez braves ou assez fous pour suivre son exemple.

​Certains se sont demandé si le nom de Bel, un mot ancien signifiant seigneur, ne serait pas une autre tromperie du dieu des voleurs, un alias ou un déguisement – une leçon pour ceux qui le suivent et un piège pour duper les autres. Certains jurent que c’est la vérité, et que si un homme mortel venait à découvrir le véritable nom du dieu, il se verrait accorder un souhait. De si petits et inutiles mystères semblent réjouir Bel.​

Si l’on prend un risque, Bel le récompensera. Plus l’entreprise est risquée et plus l’intervention de Bel est probable – que ce soit en accordant un succès miraculeux ou un échec spectaculaire. Lorsque les prêtres de Zamora s’efforcèrent de bâtir le meilleur temple pour Bel, cela l’amusa. Puisqu’ils ne dissimulèrent d’aucune façon leur désir de s’approprier le dieu Shémite – volant ainsi le dieu des voleurs! – il vint en riant et, depuis lors, est considéré comme le dieu des voleurs de Zamora.​

L’attitude rieuse et impétueuse de Bel cache d’autres facettes plus sombres, cependant. Sous la diversion soigneusement orchestrée de son attitude joueuse, Bel dissimule une inassouvissable soif de possessions. Il vole pour le plaisir de voler. Il représente le chaos malicieux, l’avidité dévorante, et le mauvais dessein ; pouvoir et richesse à tout prix. Cette dualité peut être vue dans ses temples si l’on sait où regarder. Les temples de Bel sont richement meublés et éclatants en surface, mais dissimulent des portes secrètes et des pièces cachées dans les ombres où les voleurs peuvent s’adonner à leur art.​
L’initiation à la prêtrise de Bel est un secret soigneusement gardé et ne se fait que dans les pièces dérobées et les passages dissimulés aux badins. Bien que les prêtres de Bel soient colorés et bruyants dans le temple principal, ils ne tolèrent aucune indiscrétion lorsque les secrets de Bel sont en jeu. Si les rites de la prêtrise sont dévoilés, le châtiment est immédiat et implacable.​

Maître dans l’art de la manipulation, Bel récompense les rusés. Ceux qui utilisent leurs talents pour frimer et se donner en spectacle, ou pour apprendre une bonne leçon à quelqu’un en le dépossédant de ses possessions s’attireront tout particulièrement les faveurs du dieu. A vrai dire, la rumeur court que si un voleur peut prier sur l’autel de Bel et quitter le temple avec toutes ses possessions, mais également en ayant subtilisé l’une des nombreuses gemmes ornant les murs, alors il repartira non seulement avec la gemme volée mais on lui offrira son poids en gemmes. Bien sûr la tâche est pratiquement impossible et n’a jamais été accomplie à ce jour. Les murs du temple ont des yeux et toute personne présente dans le temple est susceptible de travailler pour le clergé. Certains aiment à dire que Bel lui-même visite le temple de temps en temps pour distribuer ses conseils à ceux qu’il juge dignes de grands accomplissements… ou de prodigieux échecs. Son apparence varie ; la peau blanche et ridée, teint olive et jeunesse vigoureuse… Un seul élément demeure : sa barbe bouclée et le ton toujours amusé de sa voix. On ne peut jamais être sûr de savoir si l’on s’adresse à Bel ou à un imposteur. Un mauvais tour qui ravirait certainement le dieu des voleurs.​

Ong

Un autre dieu de Zamora est le dieu de la douleur à tête de lion, Ong. On le vénère en acceptant des méthodes variées de douleurs et bondage. On le vénère dans la cité qui porte son nom au nord de Zamora.

Dans la mythologie zamoréenne, Ong est l’Expiateur des dieux, prodiguant aux dieux comme aux mortels un sentiment de rétablissement après avoir reçu la punition méritée. La plupart des Zamoréens visitent le temple d’Ong s’ils estiment avoir commis quelque chose d’horrible ou s’ils ont été mis à l’écart de la société en punition pour une mauvaise action. Les prêtres déloyaux et les femmes perdues visitent souvent les temples d’Ong pour se repentir et obtenir le pardon. Ceux qui prennent plaisir à infliger de la douleur, que ce soit à eux-même ou aux autres, sont souvent attirés par l’idée de revêtir le manteau des Inquisiteurs d’Ong, le titre des prêtres.​
On vénère Ong en acceptant des méthodes variées de douleurs et bondage.

Les prêtres d’Ong prônent les valeurs spirituelles, physiques et émotionnelles de la douleur et de la torture. La douleur est une part essentielle de la réalité puisqu’elle représente les âmes torturées de l’humanité ainsi que les délices frénétiques de la vie. Une douleur exquise et une passion insoutenable amènent le fidèle d’Ong à une expérience proche de l’union avec le divin. L’humiliation, la honte, la douleur et la soumission sont pratiquées et vénérées par les fidèles d’Ong. Être soumis à la volonté du dieu puis faire l’expérience d’une renaissance spirituelle font partie du rituel de transcendance réalisé par la congrégation des fidèles d’Ong.

Les inquisiteurs se fouettent mutuellement au quotidien et placent des épines dans leurs gants et chaussures afin de provoquer une douleur continue devant inspirer une transformation transcendante. Nombre d’entre eux placent également des épines dans leurs vêtements, ou bien portent des vêtements si serrés qu’ils provoquent un inconfort perpétuel. Piercings et tatouages sont communs parmi les adorateurs d’Ong. Les plus dévoués utilisent des chaînes et des crochets pour se flageller en lieu et place des fouets de cuir. C’est au quotidien que les inquisiteurs commandent à leurs acolytes de fouetter leurs dos nus ; eux-même flagellant également les membres de leur congrégation afin de les aider à avancer sur le chemin de l’illumination et de la pureté ; persuadés que l’extase mystique les gratifie de visions envoyées par Ong aux suppliciés. La foi des adeptes d’Ong leur apprend que la flagellation et la douleur ont le pouvoir de sauver une âme des démons des enfers des Ténèbres Extérieurs.

L’humiliation et la douleur seraient le chemin vers la salvation et la pureté.​
Les inquisiteurs d’Ong enseignent que la douleur éveille un homme vers un niveau de conscience supérieur. Nombre d’entre eux se soumettent quatorze heures par jour à des tortures incessantes en demeurant assis et immobiles. De nombreux Zamoréens sont attirés par cette Religion afin de laisser retomber ponctuellement la façade qu’ils doivent adopter pour survivre dans les rues sauvages de Shadizar et des autres cités. Ils trouvent dans le temple d’Ong un espace où laisser s’exprimer leur passivité et leur réceptivité ; deux aspects qu’ils ne sauraient laisser paraître hors du temple au risque de devenir les proies de leurs concitoyens.​

Par bien des aspects, cette religion s’oppose à l’hédonisme et aux impulsions égoïstes du mode de vie zamoréen traditionnel. La foi en Ong rappelle à ses adeptes de ne pas se reposer entièrement sur leurs capacités et talents personnels.​ Bien entendu, les Inquisiteurs d’Ong s’efforcent de répandre la doctrine de la douleur auprès des hommes, et ce même contre leur volonté. Ceux qui ne se soumettent pas volontairement n’ont tout simplement pas encore fait l’expérience jouissive de se défaire du fardeau et des limitations que porte un individu n’ayant fait la sublime expérience d’une union avec le divin.​

Les prêtres d’Ong sont connus sous le titre d’Inquisiteurs, et leur Haut Prêtre sous celui de Grand Inquisiteur. Le cœur de cette religion se situe dans la cité du même nom dans les régions du nord de Zamora, mais il existe également un temple dédié au dieu à tête de lion dans le Quartier des Temples de Shadizar. Les pénitents y rivalisent à coup de vocalises sonores et de prêches passionnés avec les autres prêtres débattant leurs cultes sur la place publique.​

Azoth le Rêveur

« D’innombrables millénaires durant, Ô Azoth, notre rivière de sang T’a abreuvé dans les ténèbres de Ton Songe. A présent, comme le Livre de Skelos l’a incontestablement prédit, enfin se tient nue devant toi la fille de ton Haut-Prêtre, afin de te rendre ce qui fut prématurément arraché de Ton front ; Ta Corne d’Or ! » – Gerry Conway & Roy Thomas, La Corne d’Azoth

Azoth, le dieu rêveur, s’apparente plus à un démon qu’à un dieu, bien que ses moines ne le voient pas ainsi. Gardien des morts dans le panthéon Zhemri, on le vénère par un flot régulier et ininterrompu de sacrifices. Ses moines en robes blanches nourrissent les pauvres et enterrent les morts en son honneur. Bien qu’il soit enchaîné/emprisonné et endormi, ses fidèles savent que le dieu rêveur veille sur les siens. Il est également un dieu de douleur, de haine et du jugement. Considéré comme un ennemi de Mitra, Ibis et Ishtar, on l’invoque en tant que maître juste et éternel gouvernant sur tous les peuples. Certains cultes rivaux croient que son règne apportera la fin de l’âge des hommes sur la Terre.​

Ses moines sont appelé frères et vêtus de robes et de capes blanches brodées d’or. Nombre d’entre eux portent des calottes dorées. Prêtres et moines jouissent d’un statut supérieur à celui des prêtresses, qui servent leurs pairs en tant que maîtresses alchimistes et herboristes. Leur rôle consiste principalement à droguer les sacrifices et porter les fils et les filles des prêtres. On naît généralement dans le culte ; la religion fait peu – voire pas du tout – de recrutement.​

Bien avant l’âge des hommes, à une époque où les dieux marchaient encore sur la terre, Azoth, démon de ténèbres, a combattu les esprits de la lumière. Après que sa corne d’or ait été arrachée de son front, il fut emprisonné au cœur d’une imposante montagne ; depuis, Azoth est mu par le désir de s’évader et de ravager les terres et les peuples qui ont prospéré durant ses siècles d’emprisonnement. Capable d’entrer en contact avec l’esprit des hommes au travers de leurs rêves, il trouve ainsi le moyen de réaliser des pactes avec certains et d’enseigner la sorcellerie à ses séides qui cherchent en retour à le libérer. Le Livre de Skelos annonce qu’un jour la corne d’or sera rendue à son propriétaire et qu’il s’évadera de sa prison.

Malheureusement, la corne ne peut être rattachée au corps endormi du dieu qu’au cours d’un certain rituel, une certaine nuit, une fois tous les mille ans, lorsque certaines étoiles reproduisent le motif dessiné sur un coffret antique conservé par le culte d’Ibis. Ce coffret contient l’Œil d’Ibis, qui est aussi la clé pour ouvrir une chambre secrète de la Crypte des Ombres au fin fond des forêts du Kezenkian. La corne d’Azoth se trouverait dans cette chambre secrète.​

Le dieu rêveur est vénéré dans son temple labyrinthique de la Montagne d’Azoth, une haute flèche de pierres qui peut s’apercevoir depuis Shadizar. La croyance veut que la statue grotesque émergeant du profil de la montagne soit la forme endormie du dieu. Un long et sinueux escalier mène du pied de la montagne jusqu’au Labyrinthe d’Azoth, où l’on pénètre en franchissant une porte hideuse aux battants sculptés de visages humains déformés par des hurlements de douleur. Le couloir intérieur est parsemé de pièges ; fosses dissimulées, cul-de-sacs, gouffres mortels, labyrinthes, énigmes et quelques pièges ensorcelés créés grâce à une puissante magie.​
Ibis est considéré comme l’ennemi mortel d’Azoth. Les Hauts-Prêtres du temple d’Ibis protégeant l’Oeil d’Ibis sont entraînés à entrer dans le Labyrinthe d’Azoth et à en franchir les pièges, au cas où la corne soit un jour restituée.​

Morath-Aminee, le Dévoreur d’Âmes

« Morath-Aminee » psalmodia-t-il en sifflant, « Ô Dévoreur d’Âmes, dont le troisième nom est Mort pour qui l’entend, Mort pour qui le prononce, Mort pour qui le connaît, Ton serviteur Amanar t’apporte ces offrandes en sacrifice ! » – Robert Jordan, Conan l’Invincible

Morath-Aminee est un seigneur-démon autrefois emprisonné dans une caverne oubliée et sans nom sous Pteion le Maudit, pour s’être rebellé contre Set en des temps où les dieux marchaient encore sur la terre. Il fut libéré par un sorcier du nom d’Amanar qu’il dévora afin de soigner ses blessures, avant d’établir lui-même la religion qui lui permettrait de jouir d’un apport régulier d’âmes à dévorer.​

Bien qu’il soit un démon, Morath-Aminee est souvent vénéré en tant que dieu. Son immense tête d’or évoque un serpent ou un lézard et est encadrée d’une douzaine de tentacules chacun plus long qu’un homme. Son corps est celui d’un serpent aux écailles d’or, si gigantesque qu’il disparaît à la vue et dépasse l’imagination des hommes. Sa langue est fourchue, ses crocs et ses yeux décrits comme avides et voraces détiennent les flammes de tous les feux qui furent jamais allumés. Le dieu-démon consomme les âmes des sacrifices tandis qu’on les saigne à blanc. Le prêtre arrache le cœur du sacrifice lors de son dernier souffle de vie.​

Morath-Aminee n’a qu’un objectif : emprisonner Set comme Set l’a emprisonné et il promet à ses prêtres le contrôle de l’humanité, transformant les populations en bétail destiné à le nourrir. On enseigne aux fidèles du dieu-démon à haïr Set et son clergé. L’ouvrage le plus saint des séides de Morath-Aminee est le Livre du Typhon, un livre que même les membres du Cercle Noir de Stygie craignent. Une amulette représentant un serpent d’or dans les serres d’un faucon d’argent protégerait prétendument celui qui la porte du dieu-démon Morath-Aminee. Elle fut cependant perdue à la mort d’Amanar.​

La foi en Morath-Aminee a été bâtie par des hommes ayant le sentiment d’avoir été trahis ou emprisonnés. Son temple noir offre la vengeance et la possibilité d’enfermer ceux qui voudraient garder les siens sous contrôle. En échange de son aide dans leurs opérations d’assassinat et de vengeance, les serviteurs de Morath-Aminee offrent à leur dieu-démon ce qu’il désire le plus : des âmes. Lorsqu’un Haut-Prêtre entend parler de trahison, il est probable qu’il approche la personne lésée en lui offrant des promesses de vengeance qui, bien sûr, ne viennent pas gratuitement. Le prix réclamé par le clergé peut varier mais on exige souvent le responsable de la trahison en sacrifice. Il arrive que le culte réclame la famille et les propriétés du commanditaire, généralement pour être sacrifiées elles aussi.​Les membres du culte se retrouvent bien vite trop profondément embourbés dans ses travers pour pouvoir échapper à son emprise corruptrice. On abuse les nouveaux membres du culte en offrant débauche et autres plaisirs en consolation à ceux ayant subi peine et trahison. Le culte essaie souvent de séparer la victime de sa vie passée en lui offrant une nouvelle vie de force et de vengeance, renforçant sa dépendance envers la foi.​

Le Dieu Nocturne Innommé

« Approchez, séides, Gardiens de la Flamme et de la Foi, l’heure est venue à nouveau de sacrifier aux Ténèbres que nous vénérons. Ô Dieu Nocturne, Toi que nous servons, Ombre invisible à Tes adeptes, reçois ce présent indigne, cette offrande souillée et impure, cette Hécatombe humaine ! Arrache-la à cette vallée de tourments vers l’éternelle félicité de Ton ombre infinie, Ta demeure céleste. Viens ! Viens à nous ! » – Roy Thomas, Le Démon-Ailé de Shadizar​

Le Dieu Nocturne de Shadizar, issu de temps immémoriaux, prend son essor depuis les cavernes obscures une fois par lune sous la forme d’une chauve-souris géante. Il est l’ennemi de la lumière et l’incarnation des esprits mauvais. Créature hybride, souris et oiseau, le Dieu Nocturne est un dieu de transformation surnaturelle ou spirituelle, symbole de vigilance. Sa religion l’imagine Dévoreur du soleil. La demeure céleste du Dieu Nocturne est un lieu béni par les ténèbres éternelles. Sa doctrine se concentre sur des valeurs communautaires et d’affection familiale à l’image des chauve-souris suspendues en groupes serrés. Ses fidèles sont en quête de bonne santé, de richesses rudement obtenues, de longévité méritée et d’une mort douce, qui représentent toutes des moyens d’échapper à la vallée de tourments qu’est l’existence séculaire. On l’appelle aussi le Sombre/l’Obscur.​

Cette religion est l’une des sectes les plus craintes dans Shadizar la Perverse, représentée par des philosophes théologiques drogués, des prêtres en robes rouges à capuches et dirigée par une prêtresse qui les domine tous. Les prêtres rouges sont connu sous le nom de Gardiens de la Flamme et de la Foi. Ils n’ont jamais vu leur dieu qui ne vient que sous le couvert de la nuit et des ténèbres pour arracher les sacrifices qui lui sont offerts.​

Le Temple du Dieu Nocturne est une haute flèche incrustée de joyaux, surmontée d’un minaret d’or. ​Une fois par lune, à l’ombre de la lune, une jeune femme est enlevée dans les rues et emmenée au minaret pour y être sacrifiée au dieu sinistre. Ceux qui sont emmenés par les prêtres écarlates sont considéré comme déjà morts. Les rapts sont considérés comme un maigre prix à payer pour être épargné par le terrible dieu-démon.​ La cérémonie mensuelle se déroule comme suit : une nuit, les prêtres écarlates se regroupent au sommet du minaret avec leur sacrifice. La Grande Prêtresse récite une incantation, suivie par le son d’une seule et unique cloche. La cloche appelle le Dieu Nocturne depuis les cavernes obscures où il se tapit et provoque une douleur insoutenable pour l’incroyant qui se trouverait sur le minaret. L’unique brasier est alors recouvert, plongeant la chambre dans les ténèbres. Le bruit sourd des battements d’ailes, semblables aux coups des vagues d’une mer aux eaux enragées frappant contre les côtes, annonce l’arrivée du Dieu Nocturne. Le monstre vole jusqu’au minaret ouvert et rafle le sacrifice, s’envolant avec elle. Grâce au sacrifice, la cité est à l’abri pour un mois de plus.​

Le Dieu Nocturne originel de Shadizar a été abattu par Conan le Cimmérien dans sa jeunesse et la prêtresse Haji, par Jenna. Le culte s’est effondré mais, dix ans plus tard, cette religion a refait surface à Shadizar, restaurée par un autre prêtre qui s’avère être aussi le père d’Haji. Ce dernier invoqua un autre démon chauve-souris venu des golfes extérieurs. A présent, une horde de démons chauve-souris, bâtards nés de l’union du démon originel et des femmes qui lui furent offertes en sacrifice, servent le culte et ses prêtresses.​

Omm l’Indicible

Omm est un autre des dieux-araignées de Zamora et un exemple d’araignée géante vénérée comme une divinité. Sa religion traite les araignées géantes comme les incarnations terrestres d’un dieu de la discorde, tissant une toile d’illusions. Le Grand Tisserand est aussi le Créateur, filant les vies des hommes. Les fidèles de Zath considèrent le culte d’Omm comme une hérésie n’ayant pour but que de pardonner les péchés des prêtres plutôt que d’apporter une véritable philosophie. Les cultistes d’Omm se défendent parfois en philosophant, d’autres fois en enlevant des Zathites pour les jeter en pâture à Omm.​

Les temples lugubres dédiés à Omm l’Indicible abritent invariablement une araignée géante aux proportions obscènes en guise de preuve de l’existence de leur dieu. Le temple de Shadizar a fait pire encore, son Haut-Prêtre ayant invoqué un démon à l’apparence d’araignée. Le démon-araignée se délecte de la mascarade, profitant des âmes et du sang qui lui sont offert en sacrifice.​

Les Hauts-Prêtres de Omm s’habillent de noir pour les cérémonies, en robes à capuches, leur poignard sacrificiel étant maintenu par une ceinture de perles noires. Ils se consacrent à l’intimidation, sans s’inquiéter de la crainte que leur dieu inspire à la population.​

Shan, demi-dieu de la guerre

Le demi-dieu Shan des temps anciens, dont l’image orne le Bouclier de Shan, est le sujet de bien des légendes. Shan était un guerrier Zhemri qui combattit les Hyboriens lorsqu’ils vinrent de Brythunie et tentèrent de réduire en esclavage le peuple Zamoréen naissant. Il était le premier sur chaque champ de bataille et son épée a versé un océan de sang brythunien. Il fut vaincu par fourberie, percé d’une flèche tirée par un Brythunien qui venait pourtant de se rendre. En récompense pour ses actions héroïques sur les champs de bataille, les dieux de Zamora accueillirent le grand guerrier comme l’un des leurs. Shan jura d’être à jamais vigilant et de revenir si jamais les Zamoréens étaient à nouveau menacés par un tyran étranger. Bizarrement, Shan a des traits plutôt cimmériens.​

Shan est considéré comme le général des armées célestes des dieux, une figure mythologique de guerrier. Ses fidèles n’ont cure des bibliothèques poussiéreuses ou de la piété des temples. Ils obtiennent par l’épée ce qu’ils convoitent et méprisent la fourberie. Ils ne croient ni au mensonge, ni aux déguisements, des façades fausses et trompeuses. Les temples de Shan enseignent à leurs ouailles d’être fidèles à eux-mêmes et de se montrer tels qu’ils sont devant autrui, en toutes circonstances.​

Les prêtres de Shan rasent leur tête symboliquement, révélant ainsi qu’ils n’ont rien à cacher. Son temple est un complexe de minarets, dans la plus haute tour duquel est suspendu un gong permettant d’appeler les fervents Zamoréens à se regrouper sur la place du temple pour assister aux déclarations des prêtres annonçant le début des célébrations en l’honneur du demi-dieu.​

Zandru, Seigneur des Neuf Enfers

Zandru est le seigneur de l’après-vie dans la mythologie zamoréenne, gardien des morts et du monde souterrain. Il n’est pas vénéré séparément, mais au sein du panthéon Zhemri dans son ensemble. Il est juge et travaille, de fait, avec Ong. On l’associe aux cloches funéraires qui retentissent dans les temples. Son septième enfer est brillamment éclairé.​ Des jurons zamoréens communs sont associé à Zandru ; incluant « Par les Neuf Enfers de Zandru ! » et « Par les cloches de Zandru ! ».​


Remerciements à Cafard pour la traduction
Sources : JdR Conan Return to the Road of Kings
Nameless Cults et Shadizar City of Wickedness.