La vénération de Mitra​

Le pouvoir du Patriarche

Mitra est considéré comme le dieu unique par ceux qui le vénèrent dans les territoires Hyboriens. Il est le commandant d’une armée céleste dirigeant seul l’univers, sans panthéon ni consort pour soutenir son règne cosmique (à l’exception eu Zingara – les Zingariens ont gratifié Mitra d’une épouse). Mitra, le Juge des Âmes, apporte la rédemption aux morts. Son ennemi est Asura, qui planta la graine du mal dans le cœur des hommes.

Mitra protège les justes face aux forces démoniaques de Set, serviteur d’Asura. Il est dieu de la vérité, de la loyauté, de l’air, de la lumière, de la nature et de la prospérité. Il écrase le mal et est omniscient, toujours vigilant. Il veille sur le monde sans jamais prendre de repos.

Mitra est un dieu guerrier qui apporte la victoire à ses fidèles. Les premiers d’entre eux étaient les soldats Aquiloniens, puis la religion s’est propagée vers les guerriers du Poitain, de Némédie et finalement de toutes les terres Hyboriennes. Pendant des siècles, la foi de Mitra est demeurée une foi militaire avant de s’intégrer à toute la culture Hyborienne.

Les Hyboriens reconnaissent l’existence de nombreux saints autour de Mitra, ainsi que l’existence de sept paradis et neuf enfers. Mitra est vénéré lors d’une cérémonie ayant lieu tous les sept jours, le Jour du Soleil, en tant que déité solaire.

A Messantia et dans d’autres cités côtières, les adeptes de Mitra peuvent se montrer tolérants envers d’autres cultes, exception faite du culte de Set qui est invariablement considéré avec une extrême suspicion et une profonde colère. Les territoires ruraux sont, quant à eux, intolérants aux autres cultes.

Il est dit que Mitra est partout, parmi nous, au dessus du monde ou rêvant en de hauts-lieux parmi les étoiles. Ses temples ne font qu’offrir un lieu sur lequel concentrer son attention. Il ne les habite pas.

Philosophie du mitraïsme

La foi de Mitra correspond aux besoins des sociétés dans lesquelles elle est devenue prédominante. Il est nécessaire, pour qu’une religion prospère, qu’elle maintienne et justifie la culture dans laquelle elle se développe. C’est ce qu’accomplit le mitraïsme.

Mitra est un seigneur féodal, régnant sur son armée céleste et sa procession de saints et l’on attend de ses fidèles qu’ils se conforment à un certain code d’honneur civilisé.

La religion s’accompagne d’histoires et de mythes expliquant comment un bon fidèle doit vivre sa vie et ce à quoi il doit s’attendre au moment de sa mort. Cette foi définit la culture Hyborienne autour de concepts d’expiation et de foi, elle enseigne au fidèle comment atteindre le bonheur et se libérer de ses péchés grâce à Mitra et ses rituels. La foi condamne également certains comportements. Le sexe est un sujet tabou, de même que les comportements perçus comme rustres ou barbares.

Mitra est Vérité

Le mitraïsme s’est confronté à de nombreuses autres religions lors de son expansion dans les royaumes Hyboriens. Il dût se distinguer en tant que religion supérieure, la seule foi véritable. Il fallut désigner un ennemi contre lequel toutes les autres religions se révéleraient impuissantes, afin de pouvoir les qualifier de fausses religions. Ainsi, Mitra a été dépeint comme dieu de vérité et de loyauté, méprisant les menteurs et serviteurs de démons, à commencer par les dieux serpents Asura et Set.

Justifications culturelles

A l’image de n’importe quelle autre religion, l’objectif premier du mitraïsme est d’assurer la perpétuation de la culture de ses fidèles, par laquelle il enseigne et encourage un certain type de comportements. Agir en accord avec les enseignements du clergé représente la bonne conduite à adopter. Agir en désaccord avec ces enseignements provoquera la colère de Mitra et n’apportera que des malheurs à celui qui lui a déplu. Cette équation simple fonctionne pour chaque religion, y compris le mitraïsme. Les cérémonies religieuses renforcent la foi du peuple en sa propre culture.

Vérités spirituelles et séculières

Le mitraïsme s’efforce de surmonter la peur de la mort en promettant que, malgré l’injustice de ce monde, le croyant trouvera la justice dans le prochain. Le mitraïsme enseigne des concepts qui ne peuvent être testés ou prouvés, comme l’existence d’une vie après la mort. Il ne cherche pas à enseigner quoi que ce soit qui puisse être établi comme juste ou faux par l’observation. La croyance en un concept dont on peut démontrer la fausseté discrédite les cultes enseignant de fausses vérités, c’est pourquoi la foi de Mitra ne cherche pas à enseigner quoi que ce soit qui puisse s’approcher d’une vérité scientifique. Le mitraïsme ne prétend pas non plus posséder toutes les réponses.

Intolérance religieuse et pouvoir séculier

Le mitraïsme repousse les autres cultes puissants afin de ne pas laisser les rênes du pouvoir lui échapper. Si un roi Hyborien acceptait soudainement deux voire trois religions influençant ses décisions, aucune d’entre elle n’aurait un pouvoir satisfaisant. En maintenant son monopole religieux sur les cultures Hyboriennes et sur leurs rois, le mitraïsme s’assure un impact d’importance sur les politiques royales. La foi en Mitra pratique l’intolérance religieuse au nom de la vérité supérieure de Mitra et pour solidifier son pouvoir séculier.

Sorcellerie

Une erreur commune consiste à croire que les prêtres mitrans n’utilisent pas la magie, ce qui est incorrect. Dans L’Heure du Dragon, Robert E. Howard écrit « Lorsque la magie des prêtres Mitrans échoua face à celle de l’acolyte de Xaltotun… » ce qui suppose que les prêtres de Mitra sont au moins capable de contresorts défensifs.

Cependant, les prêtres de Mitra s’opposent à la vaste majorité des pratiques de sorcellerie, qu’ils considèrent comme l’œuvre de démons.
Peu de prêtres pratiquent la sorcellerie et ceux qui s’y emploient le font uniquement pour les causes les plus bienfaitrices. La foi tolère les voyages astraux, ataviques et les bénédictions divines atteints par la prière et la méditation. Leur objectif dans ces pratiques se limite à révéler ou s’opposer à l’influence insidieuse de Set, de ses séides, et d’autres entités du même acabit. Quoi qu’il en soit, il est indispensable d’avoir atteint les plus hauts niveaux d’initiation aux Mystères de Mitra pour recevoir ces enseignements. 

La pratique de magie noire, tout particulièrement lorsqu’elle a pour but de blesser autrui, utilisant des sacrifices humains ou cherchant à invoquer des entités démoniaques et maléfiques, est prohibée. Quiconque parmi les initiés aux Mystères serait découvert faisant usage de tels maléfices se verrait immédiatement banni, excommunié, son nom effacé de tout registre. La plupart des royaumes mitraïques condamne ces pratiques par la mort.

Le Mont Golamira et Epemitreus le Sage

L’un des plus grands Mystères est la nature du Mont Golamira près de Tarentia, en Aquilonie. Il est central pour la religion mitraïque car on raconte que c’est de sa roche que jaillit Mitra, apportant sa lumière sur le monde (en Argos, une légende différente raconte que la vierge Anahita aurait donné naissance à Mitra. Selon d’autres sources, il serait né d’un rayon de lumière.). Bien que la montagne soit encore présente dans bien des légendes, peu de fidèles soupçonnent l’existence du complexe réseau de tunnels et de cavernes qui s’étire à l’intérieur du mont et où se terrent nombre de salles sacrées, parmi lesquelles des chambres funéraires, des autels ou encore des salles d’archives. 

Les membres initiés aux plus hauts Mystères de Mitra apprennent que dans les profondeurs du Mont Golamira, Epemitreus le Sage, qui participa grandement à fonder la religion mitraïque, repose dans un sommeil éternel. Son spectre poursuit son chemin dans le monde, toujours au service de son dieu, combattant Set et les séides du Vieux Serpent. 
On raconte qu’il peut visiter les fidèles en rêve, transportant leurs âmes dans les profondeurs du Mont Golamira pour leur transmettre son enseignement. 

Une religion mystique et sacramentelle

Le mitraïsme est une religion rituelle et mystique. Sa pratique est rituelle, sacramentelle pour le commun des fidèles, mais devient mystique, spirituelle pour ceux qui s’initient à ses Mystères Intérieurs. A mesure que l’on progresse dans la hiérarchie labyrinthique du culte, l’on découvre les Mystères de ce dernier. Des vérités spirituelles concernant l’âme humaine sont renfermées dans des symboles et des codes qui, une fois déchiffrés et compris, ouvrent les portes du pouvoir.

Chaque religion est faite de Mystères Intérieurs et Extérieurs. Les Mystères Extérieurs sont les mythes et rituels auxquels tous les fidèles du dieu peuvent prendre part. Cependant, seuls les Initiés ont connaissance des Mystères Intérieurs, dans lesquels la Vérité de la religion se révèle. Ces Mystères Intérieurs ne sont pas des dogmes à suivre aveuglément et ne sont pas réellement enseignés… ce sont des mythes dans lesquels on se plonge pour atteindre un nouveau niveau de conscience.

Un mythe est un code sacré révélant des enseignements spirituels profonds. Découvrir les Mystères Intérieurs donne au fidèle la clé nécessaire pour accéder à un enseignement spirituel. Les initiés sont placés dans un certain état d’esprit.

Les vérités secrètes d’un temple de Mitra (que l’on appelle un Mitraeum) sont divisées en sept Mystères Intérieurs. Les femmes n’ont pas accès à cet enseignement, à l’exception notable des femmes d’Argos qui ont obtenu le droit d’être initiées aux premier et second Mystères de Mitra. Il est interdit d’enseigner les Mystères à une personne n’ayant pas été convenablement initiée et il est interdit de parler des Mystères avec un non-initié. On attend d’un fidèle investi qu’il apprenne les quatre premiers Mystères, mais seuls les prêtres s’élèvent au delà.

Chaque Mystère est, dans une certaine mesure, la manifestation d’un désir profond de l’esprit humain pour s’approcher de l’ultime Mystère.
L’initiation à un Mystère de la foi mitraïque passe généralement par une donation pécuniaire faite au temple, qui peut être remplacée par un service rendu. S’ensuit une cérémonie au cours de laquelle l’aspirant est confronté à un jury de prêtres de rang plus élevé que le sien, qui le soumet à une série de questions auxquelles il doit répondre avec honnêteté et justesse. Ces questions sont posées de manière à révéler le niveau de compréhension que l’aspirant de Mitra, mais aussi la profondeur de sa sincérité et de sa dévotion et la qualité de son âme.

Le Premier Mystère 

Il est accessible aux membres laïcs du culte, par opposition à ceux qui entrent dans les ordres. Ceux qui sont initiés à ce Mystère sont connus sous le nom de corbeaux et portent des masques de corbeaux au cours de certains rituels. Les initiés du Premier Mystère sont considérés comme actifs dans le mitraïsme et peuvent recevoir les bienfaits liés à la vénération de Mitra, y compris les bénéfices de la foi et de l’expiation. L’initié se voit enseigner les rituels qui apaiseront le gardien du premier paradis, ce qui lui assure une place dans l’après-vie. L’initié doit jeûner trois jours et trois nuits durant avant d’être initié comme corbeau à part entière au cours d’une cérémonie durant laquelle il sera plongé sous l’eau. L’initié entame un entraînement au contrôle de soi, apprenant l’indifférence à la douleur et aux émotions qui risqueraient de le distraire de sa foi. 

A noter que selon les paroisses, cette initiation peut prendre place dès la naissance des nouveaux-nés et ne comporte donc pas de jeûne.
Un homme qui souhaite se convertir à l’âge adulte accompagnera généralement sa demande d’une donation au temple.

Le Deuxième Mystère 

Ceux qui l’apprennent sont connus sous le nom de Promis de Mitra. Les initiés deviennent promis au court d’une cérémonie durant laquelle ils reçoivent trente coups de fouet en sacrifice à Mitra, démontrant leur contrôle et leur résistance à la douleur. Les Promis de Mitra apprennent plus en détail comment Mitra, sous forme humaine, devint le sauveur des Hyboriens. Par l’introspection et l’élévation spirituelle, les initiés apprennent les rituels qui apaiseront le gardien du deuxième paradis de Mitra, s’assurant une place dans l’après-vie.

Ils portent des voiles lors de certaines cérémonies et rituels. Chaque initié apprend la raison de l’existence des différents tabous. Les Promis de Mitra sont autorisé à se baigner dans les temples afin de se laver de leur culpabilité et de leurs péchés.

Les nations Hyboriennes n’autorisent pas les femmes à apprendre les Mystères Intérieurs mais les femmes Argossiennes ont obtenu le droit d’arriver jusqu’à ce stade. Les Promises de Mitra s’habillent en robes bleues encapuchonnées et portent bien souvent des armes dissimulées. Nombre d’entre elles sont entraînées comme assassins par leurs temples et envoyées contre les séides des cultes des serpents et adorateurs de démons. Certains Promis de Mitra remplissent la fonction de gardes pour le culte, de novices ou de serviteurs, assistant les prêtres lors des services. La plupart, cependant, sont de simples fidèles laïcs n’ayant aucune fonction dans le temple.

Le Troisième Mystère

Ceux qui l’apprennent sont connus sous le nom de Soldats de Mitra. Par l’introspection et l’élévation spirituelle, ces initiés apprennent les rituels qui apaiseront le gardien du troisième paradis de Mitra, s’assurant une place dans l’après-vie. L’initiation à ce Mystère comprend plusieurs tests douloureux ainsi que l’offrande à l’initié d’une couronne d’épines acérées. L’initié doit repousser la couronne et affirmer que ‘Mitra est sa couronne’. Par la suite, le Soldat de Mitra ne porte plus de couronne (ou équivalent) y compris lors des banquets et parades militaires. Le port de couronne de toute sorte devient un nouveau tabou. Il doit en refuser le port en déclarant ‘Elle appartient à Mitra, mon dieu’.

On applique du miel sur les mains et sous la langue de l’initié, le miel permettant l’élévation spirituelle et la régénération dans la foi de Mitra. Les initiés apprennent que l’homme n’est pas à sa place dans le monde physique et appartient en vérité au monde spirituel. Les Soldats de Mitra apprennent que chaque homme et chaque femme appartenait autrefois à une Âme Universelle de laquelle certaines âmes se sont éloignées. En mission pour Mitra ou par simple matérialisme, ces âmes sont descendues de leur état spirituel vers des corps physiques. On attend d’un Soldat de Mitra qu’il se montre vigilant et indifférent à la douleur. On lui présente les premières reliques saintes de son temple. Il est attendu d’un Soldat de Mitra qu’il respecte les tabous du mitraïsme.

Les Soldats de Mitra sont considérés comme prêtres néophytes et occupent des fonctions de trésorier ou de scribe dans le temple. Ils peuvent également être missionnaires. On les charge de la maintenance du temple et d’accueillir les pauvres et les malades. 

Le Quatrième Mystère

Ceux qui l’apprennent sont connus sous le nom de Lions de Mitra, et ont fait offrande d’un domaine ou d’un montant monétaire conséquent au temple. Ils portent des têtes de lions lors de certains rites et cérémonies. C’est le dernier Mystère qu’un mitran laïc peut apprendre sans intégrer le clergé. Par l’introspection et l’élévation spirituelle, les initiés apprennent les rituels qui apaiseront le gardien du quatrième paradis de Mitra, s’assurant une place dans l’après-vie. L’initiation à ce Mystère est douloureuse, prouvant au temple que l’initié peut supporter la douleur avec détachement. En effet, ce Mystère enseigne aux Lions à se dissocier et se détacher de la société dans son ensemble. La société est bâtie sur les mensonges d’Asura et d’autres démons, tels que Set. Les prêtres enseignent aux Lions à se détacher des émotions négatives et à ne s’appuyer que sur des réflexions logiques. On leur apprend à se montrer sages, braves, justes et tempérés. Les Lions de Mitra représentent les plus puissants guerriers de l’ordre et on attend d’eux qu’ils puissent supporter et défaire les sortilèges diaboliques des cultes d’adorateurs de serpents. On s’attend à ce qu’ils respectent les tabous de Mitra.

Selon les cultures, ils peuvent être considérés comme des prêtres à part entière. Ils sont en charge de l’administration du temple, de la collecte de la dîme et peuvent être envoyés comme hérauts auprès des figures d’autorité avec lesquelles le temple souhaite prendre contact. Ils peuvent servir en tant que missionnaires dans des contrées lointaines où le culte de Mitra n’a pas encore percé. On attend un service religieux exemplaire de la part d’un homme, avant de lui confier ce rang.

Le Cinquième Mystère

 Ceux qui l’apprennent sont connus sous le nom de Bori. On les appelle également Adeptes du Troisième Cercle. Ils sont morts symboliquement avant de renaître par l’eau. L’initiation inclut une mort simulée par assassinat de l’initié, on l’allonge dans une tombe pour trois jours, jeûnant et méditant. Le troisième jour, il est ‘ressuscité’, peut sortir de sa tombe et on l’asperge d’eau bénite.

C’est le premier Mystère Intérieur disponible au clergé. Après cette mort et résurrection simulée, l’initié doit effectuer un pèlerinage jusqu’au cœur noir du Mont Golamira, en Aquilonie, pour achever son initiation aux secrets du Cinquième Mystère. Il apprend la vérité au sujet des Grands Anciens et est susceptible d’y perdre un peu de sa sanité.

On applique du miel sur les mains et sous la langue de l’initié, destiné à favoriser l’élévation spirituelle et la régénération. L’initié apprend à soigner les malades, exorciser les démons, permettre les miracles et calmer les tempêtes. Il peut apprendre certaines formes de magie protectrices et se voit enseigner les rituels permettant d’apaiser le gardien du cinquième paradis de Mitra, s’y octroyant une place dans l’après-vie.

Au cours des cérémonies, les adeptes portent un chapeau rituel d’un style antique.
Prêtres-administrateurs, ils officient en tant que grand-prêtre du temple dont ils ont la charge et le représentent publiquement. 

Le Sixième Mystère

Ceux qui l’apprennent sont connus sous le nom de Messagers du Soleil. On les appelle également Adeptes du Deuxième Cercle. C’est le deuxième Mystère Intérieur enseigné au clergé. Les initiés apprennent les rituels permettant d’apaiser le gardien du sixième paradis de Mitra, s’y octroyant une place dans l’après-vie.

Ces mystiques apprennent que l’univers a été créé par Mitra et que la forme physique du monde (la Terre) a été créée par l’Idée du Mal. Ils apprennent que la momification, procédure pratiquée par les Achéroniens et perpétuée par les Stygiens, est une tentative du Mal pour émuler le cycle de mort et de résurrection promis par Mitra. Le rite a pour objectif de faire croire aux hommes naïfs qu’ils peuvent accomplir par l’alchimie ce que Mitra est le seul à pouvoir faire, avec ses fidèles.

Les Messagers du Soleil, ou encore Émissaires du Soleil, sont les premiers à entendre certaines allusions supposant que Mitra pourrait n’être qu’une allégorie et non une entité réelle. Ils comprennent l’importance de la vérité et du savoir et doivent respecter les tabous de Mitra.

Diplomates, sages et conseillers disposant d’une influence considérable sur leur religion, ils servent souvent dans les cours Hyboriennes et conseillent directement les monarques sur les questions spirituelles. On s’attend également à ce qu’ils consacrent une partie de leur temps à conseiller et guider les initiés de rangs inférieurs. 

Le Septième Mystère

Ceux qui l’apprennent sont connu sous le nom de Pères. On les appelle également Adeptes du Premier Cercle. Il s’agit du dernier des Mystères Intérieurs du clergé mitran. Les initiés apprennent les rituels qui apaiseront Mitra, gardien du septième et dernier paradis, s’assurant une place à ses côtés dans l’après-vie.

Ils apprennent que le monde physique, créé par l’Idée du Mal, est un mensonge. Une illusion infligée à l’humanité pour lui faire croire au matérialisme afin qu’elle place sa confiance en des choses qui peuvent être vues et mesurées.
Ils apprennent que chaque être humain est ‘dieu fait chair’, un esprit enfermé dans un corps physique. Les initiés apprennent à transcender cet ultime mensonge et à voir à travers l’illusion d’Asura (Set est considéré comme une incarnation d’Asura).

Les mystiques, à ce stade, comprennent que Mitra, Asura, Set et tous les dieux ne sont que des mythes et allégories créés afin d’aider à la compréhension de l’âme humaine et de ses mystères.
Ils apprennent à toucher l’ultime mystère…

Parfois Hauts-Prêtres, ils sont cependant plus susceptibles de tenir un rôle de Mystique ou d’Oracle, menant leur vie à l’écart de l’agitation des temples pour consacrer des heures à la prière et la méditation, tournant leur esprit vers Mitra, ses saints et illustres sages du passé, tel Epemitreus. Il est extrêmement rare d’en trouver plus d’un résidant dans le même Mitraeum. Ils sont les seuls à avoir accès à tous les artefacts de magie sombre confisqués par le culte.​

Symboles religieux mitrans

Les Mitraea ont pour point commun dans leur architecture une représentation zodiacale incurvée surplombant les gravures du mur du fond. La silhouette gravée dominante est celle de Mitra, combattant un scarabée et piétinant un serpent. Deux garçons jumeaux (parfois représentés par deux colonnes) regardent la scène avec un petit chien et un lapin. Sur l’extrémité gauche du mur, un taureau (ou sa tête) attend en coulisses. Un arc de chasse et une massue flottent parfois entre les garçons et le taureau.

Sur d’anciennes représentations de Mitra peuvent figurer Cautes et Cautophates, des dieux mineurs et loyaux, sans doute une glorification de deux de ses premiers grands prêtres. Tous deux apparaissent avec une torche ou un bâton de berger, représentant leur rôle de guides pour le peuple de Mitra et de porteurs de Sa lumière. Il y a des siècles, les prières mineures leur étaient généralement adressées afin de ne pas déranger Mitra pour des questions triviales. Les prêtres de Mitra considèrent aujourd’hui que cela reviendrait à nier la nature omnisciente de Mitra Tout Puissant et la pratique a pratiquement disparu. Cependant, on peut encore trouver des représentations de Cautes et Cautophates et les Mystères Intérieurs discutent et débattent de leur signification. On grave souvent leur image sur les colonnes qui encadrent l’entrée d’un lieu, gardiens silencieux dont les noms ont été oubliés de tous sauf du clergé.

Le Scarabée 

Il représente le règne des Stygiens et de Set, qui fut interrompu par l’arrivée d’Epemitreus. Il évoque l’émergence du Mal (les Stygiens et le grand serpent Set).

Le Serpent

Pour les mitrans, le serpent est le symbole des savoirs anciens et mauvais. Quiconque vénère le savoir noir auquel les hommes ne devraient pas avoir accès est un adorateur du serpent aux yeux des mitrans. Les adorateurs d’Asura et de Set appartiennent à cette catégorie. Le savoir démoniaque corrompt les hommes et leur a donné la civilisation, dont la nature est corruptrice.

Le Miel 

Il est symbole d’ancienne sagesse. La ruche est une manifestation de l’harmonie divine dans la nature et représente la perspicacité et la sagesse.

Les jumeaux 

Représentés aux côtés de Mitra, ils sont un emblème de la lumière guidant les fidèles vers la dissociation de l’esprit et du corps offrant l’accès au royaume de Mitra. C’est aussi un symbole de la relation fraternelle des guerriers. On enseigne aux Soldats de Mitra que les Jumeaux représentent aussi une plus grande intimité de l’esprit avec les préceptes de Mitra. Le Feu de Saint Elmos – une décharge électrique s’élevant des mats de bateaux pendant les tempêtes – est considéré comme une manifestation des jumeaux.

Le Taureau 

Colère de Mitra, il est annonciateur d’épreuves à venir et de l’effondrement du monde apporté par un homme qui enseignera les Mystères de Mitra aux infidèles initiés improprement. Il charge et ravage tout sur son passage.

Les Armes du Chasseur 

Ce sont les armes que les anciens Achéroniens et Rois Géants ont perdu face aux Hyboriens. Les Adeptes du Troisième Cercle apprennent que ces armes représentent le peuple Picte, qui fut élevé par Mitra pour être naturellement effrayé par les serpents et devenir un jour le bras armé de sa colère : le taureau chargeant le monde si celui-ci se détourne des tabous de Mitra. Ils savent que ces armes représentent également les pouvoirs et savoirs ésotériques d’Achéron, engeance issue de l’accouplement d’hommes et de démons. Les Adeptes du Deuxième Cercle apprennent que le nombre 17 est celui du Chasseur qui tint un jour ces armes. Il est l’unificateur de l’humanité face aux faux dieux.

Le Chien 

Il est un emblème du loup-garou, symbole de ceux qui prétendent suivre Mitra, mais mentent, ceux qui prétendent être ami de l’homme mais qui se retourneront contre lui et festoieront sur ses restes.

Le Lapin

 Il représente la lune et possède les secrets de la vie, des savoirs qui ne devraient pas être acquis. Il est la croissance endémique qui s’accompagne d’excès sexuels. Il représente le fait que l’esprit doit s’élever en rébellion face au serpent, symbole de la vie physique mensongère face à la vérité de Mitra. Le lapin représente le tabou de la foi. Il est tout ce qui est sale et interdit, dissimulé sous une apparence avenante. Il est la fausse intuition et la folie qui accompagne l’acquisition de savoirs tabous.

Le Phénix 

Associé à Mitra il y a des siècles, il est tombé dans l’oubli depuis et n’a aucune signification rituelle ou magique pour les membres du culte. Cependant, les initiés aux Mystères peuvent y reconnaître le symbole utilisé par Epemitreus afin de bénir certains objets sur lesquels il est gravé. ​

Tabous religieux

Les Hommes ont une aversion particulière pour les choses qui leur font du mal et la religion s’empare de ces aversions. Les comportements considérés comme spirituellement dangereux deviennent alors interdits et tabous.

L’Honneur 

Les adeptes de Mitra respectent le code civilisé de l’honneur.

Le Sang 

Les sacrifices présentés à Mitra se font sans verser le sang. Le sang représente la vie physique, mensonge d’Asura qui n’a pas de valeur pour Mitra. Il contient une magie dont le mal peut s’emparer. Le sang est également associé à la douleur, la souffrance et la mort, des aspects de l’existence dont le véritable mitran cherche à se dissocier.

Les Femmes 

Les femmes ne sont pas autorisées à avancer au-delà du Premier Mystère de Mitra. Elles provoquent luxure et passion chez les hommes. Tout contact avec elles devrait se limiter à des fins reproductrices.

Les Cadavres 

Un homme pieu ne piétinera pas un mort, ni ne le blessera ou lui manquera de respect, de crainte d’être atteint de maladie ou frappé de malédiction.

Le Cuir 

Un mitran pieu ne se vêtira pas de cuir, car cela revient à endosser la peau d’un animal au risque de se changer en lycanthrope ou d’attirer la colère de la bête qui fut dépecée. Ce tabou n’est pas respecté à Zingara, en Brythunie, au Gunderland, à Tauran, ni dans les Marches Occidentales.

Les Bêtes

En lien avec le tabou des cadavres, un mitran n’est pas autorisé à manger la chair d’un animal mort de cause naturelle.

Le Sexe

Trois jours de chasteté doivent être observés avant de prendre part à un rituel d’importance. Quiconque a eu des rapports charnels la nuit précédente ne peut approcher d’un autel de Mitra ni pénétrer le Mitraeum. Cuisiniers et apiculteurs se doivent d’être chastes lorsqu’ils se mettent au travail.

Les Esclaves

Un esclave ne peut pénétrer un lieu de culte, à moins d’avoir été giflé une fois par un croyant, ce qui transfère un peu de la liberté du croyant dans l’esclave. L’esclave a cependant droit d’asile dans un Mitraeum.

Le Lin

Le lin utilisé pour envelopper les corps et garder à distance les démons qui s’intéressent aux dépouilles, n’est pas autorisé lors des rites mitrans.

Le Mensonge 

Il est interdit de mentir. Les mensonges sont une invention d’Asura et du Serpent et ne doivent pas être utilisés par les fidèles. L’un des dilemmes du culte mitran est que les hommes vivent déjà dans la tromperie qu’est l’illusion de la vie physique. Les mitrans n’étoffent pas la toile mensongère qui les entoure : la vie est une illusion, n’en créez pas d’autres.

Clergé mitraïque

Le prêtre de Mitra exécute les services rituels assurant le bon ordre spirituel de la société. Bien que la plupart soient issus des classes supérieures, ces considérations séculaires sont répudiées une fois intégré au clergé. Ainsi le clergé n’est composé ni de gens du commun, ni de nobles. Il représente un troisième pouvoir dans les royaumes Hyboriens, un pouvoir de lettre, médecine et éducation, influençant les codes d’honneurs et pratiques culturelles et officiant jusqu’au cœur des cérémonies d’état en offrant sa légitimité à l’aristocratie.

Le prêtre dispose de privilèges et de responsabilités liés à sa fonction, quoi que les paysans et les serfs puissent penser de lui. Un prêtre est bien souvent un enfant local envoyé au temple vers sept ou dix ans pour y servir d’oblat avant de revenir une fois qu’il a été ordonné prêtre, des années plus tard. Pour s’assurer que leur enfant devienne un oblat, les parents emmènent l’enfant au temple le Jour de l’Oblation. On fait avancer l’enfant jusqu’à l’autel avant d’envelopper sa main droite dans le tissu qui le recouvre. Les parents embrassent la main avant de la présenter au prêtre. Si le prêtre l’accepte (ce qu’il fait presque toujours) il prend la main et déverse de l’eau sur celle-ci ou la tête de l’enfant. Après que ses parents soient parti, l’enfant est cérémoniellement dévêtu et se voit remettre la bure noire de la prêtrise. L’enfant rejoint alors le temple où on lui enseigne la routine quotidienne qui diffère grandement de ce à quoi il était habitué avant de devenir oblat de Mitra.

Les oblats apprennent la discipline, la théologie et la philosophie. La fréquence des prières et chaque aspect de la vie sont réglementés. Même le temps consacré au repos est prescrit et imposé. En hiver, les oblats ont droit à un repas par jour, mais le reste de l’année ils se nourrissent d’un dîner frugal dans la soirée. La plupart des repas, cependant, sont relativement fastueux en comparaison de ceux dont bénéficient les gens du commun.

On attend des oblats qu’ils surveillent leurs congénères et reportent les infractions dont ils sont témoins. Il est possible de devenir oblat à un âge plus avancé mais il s’agit d’un cas rare. Autoriser ou non des adultes à se faire oblat est sujet à débat parmi les théologues.

On enseigne de nombreux sujets aux prêtres de Mitra, en plus de la théologie et de la philosophie. La plupart apprennent les aspects pratiques de leur culture, comme l’art de la forge, le travail du bois, de la pierre, de la mine, de la fonte, de la frappe de monnaie, le courtage des mariages, le marchandage ou encore la diplomatie. Bien qu’ils ne soient pas laboureurs, tous ces savoirs leur permettent d’administrer plus efficacement les villages dont ils ont la charge d’âmes. Les plus petits de ces villages ne disposent que d’un seul prêtre et d’un acolyte. Ils sont exempts des obligations de labour normalement dues au seigneur féodal mais ont l’interdiction de devenir citoyens dans la plupart des villes.

Bien qu’il ne soit pas échevin, ni ne puisse prendre part au gouvernement du village, l’opinion du prêtre est généralement consultée. On lui demande souvent d’arbitrer des disputes. Il est presque toujours considéré comme appartenant à la haute société du village, bien que son comportement puisse parfois tempérer cet état de fait. Par exemple, un prêtre ivrogne pourrait bien être ignoré lorsqu’il fait connaître ses opinions et ne plus être consulté qu’en matière de rituels. Un prêtre se doit de vivre une vie plus vertueuse encore que ce que Mitra attend de ses fidèles laïcs.

Les membres du clergé mitran peuvent se marier, mais le mariage est considéré comme un handicap et la plupart préfère entretenir des maîtresses.

Certains des plus grands Mitraea dirigent leurs propres terres et fiefs, y compris les villages qui s’y trouvent. Lorsque c’est le cas, le temple est, pour le village, ce qu’un baron est à son domaine. Le temple représente l’autorité en place. Bien que les temples de Mitra soient théoriquement au dessus de ces considérations bassement matérialistes, les aristocrates font parfois don de terres et de manoirs au Mitraeum afin de renforcer leur statut social, d’obtenir quelques faveurs divines et de loger leurs proches sans le sou. Grâce à ces dons, le temple devient une seigneurie fortunée à part entière, gérant population et richesse sur ses terres. Le grand prêtre d’un temple influent appartient bien souvent au cercle des personnes les plus puissantes des terres Hyboriennes. Son influence équivaut à celle d’un noble. Aucune règle n’interdit aux prêtres de s’enrichir, mais la société se détourne bien souvent des prêtres qui se vautrent publiquement dans le luxe.

Apprendre est toujours à l’ordre du jour parmi les prêtres de Mitra. Ils servent souvent de tuteurs pour de jeunes aristocrates. Ils guident les croyants dans leurs prières, les implorant de vivre dans la vertu et l’honneur, s’opposant aux sacrifices humains et à la vénération de démons. Ils collectent également la dîme chaque mois, combattent l’oppression mais ignorent souvent les réels actes de violence.

On les encourage à se montrer miséricordieux envers les ennemis vaincus au champ de bataille, une conduite qu’ils ont fini par transmettre à l’aristocratie.

La majorité des prêtres demeurent dans leurs temples mais certains se sont faits prêtres errants.

A noter qu’un prêtre ayant déjà tué par le passé n’est pas autorisé à célébrer les mariages.
Un prêtre de Mitra reconnu coupable de pratiquer la magie noire est excommunié. Quiconque est convaincu d’un tel crime est brûlé vif pour sorcellerie, à moins d’être de lignée aristocratique.

Prêtres et clergés de dieux étrangers, ainsi que les prêtres errants de Mitra, sont vus comme des étrangers et traités avec méfiance.

La plupart des membres du clergé sont des fils puînés de l’aristocratie qui, faute de mieux, ont été placés dans un temple dans l’espoir qu’ils se couvrent de prestige en grimpant la hiérarchie mitraïque. La même chose peut arriver dans des familles aisées en dehors de la noblesse, celle-ci n’étant aucunement nécessaire pour rejoindre le culte.

Les Mitraea (temples mitraïques)

(Un Mitraeum, des Mitraea)
La richesse ostentatoire est perçue avec un certain dédain par la foi de Mitra et cela se répercute dans l’apparence de ses Mitraea à l’architecture relativement sobre. Les temples de Mitra sont à la fois sobres et artistiques malgré leur manque d’ornements et de statues pourtant si appréciés dans la plupart des cultes de L’âge Hyborien. L’autel est purement symbolique, puisque la religion mitraïque ne sacrifie ni hommes ni bêtes. Une unique statue est généralement permise, mais on ne vénère pas les idoles. Les statues de Mitra sont considérées comme des tentatives de visualiser Mitra dans une forme idéalisée, car sa forme véritable est au delà de la compréhension humaine.

Les Mitraea se trouvent bien souvent dans des cavernes, qui représentent une tombe vide et donc la promesse de la vie éternelle, offerte par les Mystères de Mitra. Les chapelles sont petites et un maximum de 100 membres du culte officient dans un même temple. Si le nombre continue de grimper, un autre Mitraeum est construit. Ces temples se trouvent dans des lieux où les dévots peuvent ressentir une proximité avec le divin et s’épanouir à travers leurs expériences mystiques et religieuses.

Un Mitraeum est généralement rectangulaire, autour de 75 pieds de long pour 30 pieds de large, avec un toit en voûte. Une frise d’or court le long des murs et dévoile des scènes de la vie de Mitra. Une allée s’avance vers le centre du temple, encadrée de rangées de bancs destinés aux membres du culte. La plupart des Mitraea peuvent accueillir une trentaine de personnes sur ces places assises. Derrière l’autel de jade vert, sur lequel aucun sacrifice n’est offert, se trouve le piédestal où se dresse l’idole de Mitra. Il est représenté avec des épaules larges, des traits réguliers, une barbe patriarcale et une chevelure épaisse et bouclée.​


Remerciements à Cafard pour la traduction
Sources : Faith and FervourNameless Cults