Les dieux des Royaumes Noirs

La religion à Kush et au-delà

Nombre de religions des Royaumes Noirs sont dominées par la superstition et la magie. Il est souvent considéré que les singes et les gorilles portent les âmes des hommes punis pour leurs crimes passés. Les croyances chamaniques coexistent avec la vénération des anciens mais aussi avec celle des démons et dieux locaux. Des êtres monstrueux des royaumes extérieurs, tels qu’Ollumonga, Thog, Thaug et Khosatral Khel sont vénérés dans les cités perdues et dans les villages décadents. Derketa, reine des morts, est vénérée à Kush et au Zembabwei, tout comme le vil dieu-poisson Dagon.

La religion, dans les Royaumes Noirs, est motivée par des besoins culturels et personnels de pouvoir, de sécurité, de protection et de vie. Nombre d’habitants des Royaumes Noirs se sentent incapables de répondre seuls à ces besoins ; ils nécessitent une tribu et une aide surnaturelle. Chaque acte, loi, ou coutume à l’encontre de ces besoins ou de la croissance humaine, est considérée comme maléfique. Tout acte, loi ou coutume qui va dans leur sens est bénéfique. La participation à ces cultures est une bonne chose et devenir ermite ou être contraint à l’exil est mauvais, par exemple. Les mots et les langues sont des forces puissantes pour les membres des tribus des Royaumes Noirs, car ils témoignent de l’âme et du pouvoir personnel de toute chose.

Presque toutes les religions des Royaumes Noirs insistent sur le besoin de la communauté en tant que meilleur moyen d’atteindre le pouvoir, la sécurité, la protection et la vie. Les différents cultes des Royaumes Noirs renforcent la nécessité pour les membres d’une tribu de participer à tous les rituels d’initiation, d’honorer sa famille et son clan, de communier avec la communauté et de tisser des liens avec les ancêtres.

L’idée de proximité est un autre concept important des Royaumes Noirs. Tout apparaît comme faisant partie de tout le reste, proche d’esprit si ce n’est physiquement. Les rituels de toutes sortes renvoient les membres des tribus aux temps sacrés des ancêtres, des héros et des archétypes culturels. Ainsi, le passé est proche du présent et les rituels garantissent qu’il en soit ainsi. Les choses considérées comme séparées de leur distance d’origine sont également considérées comme plus faibles ; il est donc important de conserver cette proximité. Le fait que le fils est plus faible que son père est un des aspects de cet état d’esprit. Un membre d’une tribu très éloignée de celle-ci est considéré comme plus faible que s’il était avec elle, ceci est appelé l’origine du membre de la tribu. De même, le Monde présent est perçu comme proche du Monde d’après, lequel est, à son tour, proche de la source de toute chose. La proximité de l’après-vie signifie que les membres des tribus vivent près des morts et donc une grande partie de leurs religions tournent autour de la vénération des ancêtres.

Les humains sont vus comme étant loin de la source de toute chose, qui peut être un dieu ou une force supérieure, en fonction de la tribu et de la nation. Cette source est séparée des hommes par des esprits, des démons et des fantômes. Ainsi, en raison de leur faible proximité, les hommes sont plus faibles que les dieux et que la source. En restant proche de leurs ancêtres et en leur donnant le pouvoir d’être plus proches d’esprits plus puissants, les membres des tribus des Royaumes Noirs espèrent se rapprocher de la source de toutes choses et donc d’être plus puissants. Les prêtres et les magiciens tribaux occupent une place spéciale au sein du monde tribal car ils sont vus comme étant plus proches que n’importe qui de l’autre Monde guidant à la source. Cette proximité rend certaines choses sacrées. Notez que le pouvoir ancestral vient de la procréation, on ne pas pas devenir un ancêtre dans l’après-vie si on n’a pas eu d’enfant dans cette vie. Le Monde autour des tribus est vu comme une source de vie inépuisable et peut être utilisée par ses membres pour améliorer leur propre vie et leur permettre de devenirs plus vivants.
Les peuples des Royaumes Noirs n’accepteraient jamais un dieu cimmérien. En effet, ces peuples s’intéressent à la volonté des dieux d’aider les hommes à renforcer leur pouvoir, leur sécurité, leur protection et leur vie, alors qu’un dieu cimmérien ne fait rien pour les hommes. Les membres des tribus s’efforcent d’entretenir une relation personnelle étroite avec le monde qui les entoure, le monde des esprits et des dieux.

Les baguettes fétiches

Les sorciers des Royaumes Noirs utilisent souvent des hochets, des pompons, des fétiches, des fouets et autres instruments rituels pour lancer des sorts. Ils sont construits à base de matériaux exotiques tels que des poils d’animaux rares ou des plumes d’oiseaux ayant une signification symbolique et sont habilement conçus.

La vénération des ancêtres

La vénération des ancêtres, bien qu’elle soit différente que l’adoration d’un dieu, reste l’une des formes les plus fondamentales des cultes des Royaumes Noirs, étroitement liée à la vision du monde des tribus qui y vivent. La vie est un pouvoir sacré, qui se renforce par le biais de la continuité de la communauté et de la culture. La vénération des ancêtres, le maintien de la proximité avec l’après-vie et les esprits qui y habitent en font partie. Une partie de cette continuité de la communauté se trouve également dans la nomination, car si un descendant se voit attribuer le nom d’un ancêtre, cet ancêtre peut habiter celui-ci. Les ancêtres ne survivent dans l’après-vie que s’ils ne sont pas oubliés et donc les membres des tribus des Royaumes Noirs communiquent avec leurs ancêtres pour s’assurer une bonne et longue vie avec beaucoup d’enfants. En plus du pouvoir d’aider leurs proches, les ancêtres ont également le pouvoir surnaturel de leur nuire, c’est pourquoi ils sont à la fois crains et respectés.

Les ancêtres peuvent être visibles ou invisibles et on leur attribue le pouvoir de posséder un homme ou un animal. On dit qu’ils rendent souvent visite à leurs descendants sous forme de serpents, de hyènes ou d’autres animaux, ou encore directement par possession. Oubliés ou négligés, les ancêtres frappent leurs descendants par des malédictions et des calamités. Les vivants et les morts forment un tout qui doit être engagé pour que la vie soit pleinement vécue. Un homme sans ancêtres, donc sans famille, est un homme qui ne vit qu’à moitié.

Aucun membre de tribu des Royaumes Noirs ne peut communiquer avec un esprit qui n’est pas de sa famille, ainsi, l’idée de proximité s’impose une fois encore. Les ancêtres sont supposés être proches de la source de toute chose. Un membre de tribu des Royaumes Noirs ne peut devenir ancêtre que s’il produit des enfants mais en plus, seuls ceux qui mènent de bonnes vies, en respectant les codes et normes morales en vigueur deviennent des ancêtres. Les ancêtres doivent être des modèles, des sources de tradition et de stabilité.

La vénération des ancêtres fait partie d’une religion tribale globale. Par conséquent, aucune tentative n’a été faite pour répandre cette foi chez les autres ou les amener à vénérer leurs propres ancêtres. Il n’existe aucun prêtre ordonné pour la vénération des ancêtres, chaque personne est responsable de ses propres ancêtres. Les prêtres servent de puissances supérieures et interagissent avec les autres esprits du monde, mais pas les ancêtres de la tribu.

L’animisme

La plupart des cultes des Royaumes Noirs sont animistes et enseignent qu’un seul être suprême, ou source de toute chose, gouverne une multitude de dieux et d’esprits mineurs. Les animaux sont considérés comme des représentants terrestres de certains dieux, chacun ayant une fonction spécifique et le pouvoir de contrôler certaines aspects de la vie d’un membre d’une tribu. La source de toute chose est généralement considérée comme non impliquée dans la vie, ayant une proximité minimale avec le monde actuel. Les dieux et les esprits mineurs, cependant, sont plus proches du monde actuel et souhaitent influencer, positivement ou négativement, la vie. La quantité et la qualité de l’attention portée par l’adorateur aux esprits ou aux dieux déterminent le sens de cette influence.
La plupart des cultes des Royaumes Noirs enseignent que les esprits et les dieux désirent des sacrifices, souvent humains ou animaux.

Les croyances des Royaumes Noirs incluent l’idée que tout objet, qu’il soit animé ou inanimé, qu’il soit intelligent ou non, est possédé par un esprit. Les esprits peuvent occuper n’importe quoi, ainsi, le monde entier est vivant. Les animaux, les plantes et même les forces de la nature, tels que les éclairs ou les ouragans, sont possédés comme les hommes. Ainsi, tout doit être traité avec respect et par rituel.
Le rituel fait partie de la vie, il est important pour apaiser les esprits afin de pouvoir trouver de la nourriture et d’assurer la survie. Lorsque quelque chose meurt, son esprit continue de vivre.

Les dieux des Royaumes Noirs

Jhebbal Sag

Cet ancien dieu naturel était autrefois vénéré par toute chose vivante, humains comme animaux. Aujourd’hui, les seuls humains qui le vénèrent encore sont des sauvages, des Pictes, des Kushites ou quelques tribus des Royaumes Noirs. Certains érudits sont toutefois au courant de son existence, grâce aux preuves trouvées dans le monde entier, sur de très anciens manuscrits. On dit que les animaux ne l’ont pas oublié et peuvent toujours être contrôlés par ses disciples. On sait qu’il a deux fils, Gullah et Jhil, mais selon toutes vraisemblance, il en a beaucoup plus qui sont des dieux mineurs, un pour chaque animal.

Les dieux de Kush

La classe dirigeante de Kush, les Chagas, vénère Set, tandis que les masses populaires, les Gallahs, vénèrent Jullah en opposition à Set. Au fil des siècles, les Chagas ont quelque peu modifié leur culte par rapport aux cérémonies stygiennes originelles, en y mêlant à la fois de la sorcellerie, de la magie tribale et de la superstition Gallah. Les rois Kushites, quelle que soit leur religion, sont presque toujours représentés sur des trônes en forme de lions, en l’honneur de l’ancien dieu Kushite Apedemak. Les Chagas considèrent Apedemak comme une manifestation de Maahes.

Les rituels des Chagas pour vénérer Set sont entourés de mystère, mais ils sont réputés pour être macabres, sinistres, composés d’innommables rites et de sacrifices humains en quantité effroyables. Dans le silence, les processions rituelles jouent également un rôle inexplicable dans cette sombre religion. Des objets sacrés, tels que de curieuses bougies noires qui brillent d’une étrange lumière verte et de bâtons surmontés de crânes blancs, abondent dans les cérémonies sinistres de magie noire Chagas. Les animaux terrestres et autres, foisonnent dans leur culture religieuse. La plupart des prêtres de Set sont des sorciers et ils terrorisent leurs propres disciples pour atteindre leurs buts corrompus. Le culte de Set parmi les Chagas est identique au culte de Set en Stygie, bien que seul le premier des cinq Mystères puisse y être appris, ce que les fidèles de Set considèrent comme l’accomplissement de leur culte. Les Chagas ne construisent pas de pyramide avant la mort de leurs rois. A sa mort, un roi Chaga est enterré et une petite pyramide, semblable aux édifices stygiens, est construite par dessus la tombe.

Les chamans tribaux Gallahs portent des masques monstrueux mi-bestiaux surmontés de plumes d’autruches lors de certaines cérémonies dédiées à Jullah. Ils tendent à se concentrer sur les malédictions et les liens magiques tels que la manipulation de poupées. Les forgerons de Kush peuvent fabriquer des pointes en fer pour leurs lances et leurs piques, leur donnant une réputation proche de celle des chamans, car ils imprègnent leur art de mystère, gardant leurs secrets pour transformer le minerai de fer brut en outils durables en métal. Les forgerons deviennent alors chamans ou travaillent étroitement avec eux.

La tradition kushite de l’érudition est à bien des égards bien plus ouverte que dans les nations supposément plus civilisées. Ils sont réellement heureux de partager leur savoir avec les autres, même ceux des pays lointains. De même, leurs sorciers exercent rarement une influence indue sur leurs acolytes, bien qu’un sorcier ancien puisse être un maître intransigeant, il est véritablement soucieux du bien-être de ses acolytes et souhaite les former au mieux pour devenir un atout de la tribu.
Outre Set et Jullah, la déesse shémite Derketo a été adoptée par les Kushites Gallahs, sous l’aspect de Derketa, reine des morts, particulièrement le long des côtes et des frontières avec la Stygie.

Les chasseurs de sorcières Kushites

Les chamans, les sorciers et les chasseurs de sorcières kushites sont particulièrement réputés pour leurs talents de contre-magie. Ils ont pour tâche de protéger la tribu des sorciers rivaux, de prédire l’avenir et de maudire leurs ennemis, dans cet ordre d’importance. La plupart utilisent des plumes, des os et des peaux d’animaux dans un style chamanique classique comme tenues. Ils portent souvent de longues dreadlocks sauvages.

Apedemak

Vénéré dans les grandes villes de Kush, Apedemak est le dieu des lions, de la guerre et de l’abondance. Il apparaît généralement sous la forme d’un python avec le torse et les bras d’un homme et la tête d’un lion, bien qu’il soit parfois représenté comme un puissant guerrier vêtu à la mode stygienne, avec quatre têtes de lion, une pointant dans chaque direction. Son temple ne possède qu’une seule pièce accessible par un portique. Six colonnes s’y trouvent, soutenant un toit en bois.
Il est parfois représenté tenant un éléphant et un lion en laisse, voire assis sur un trône en forme d’éléphant. Les sorciers dévoués à Apedemak font souvent des lions leurs alliés.
Son culte s’est en grande partie éteint à Shumballa, mais reste fort dans le sud. Il dirige un panthéon de dieux comprenant Dedwen, dieu de l’encens et du troc, Arensuphis, dieu de la chasse souvent représenté avec une antilope sur les épaules et Sebiumeker, déesse de la procréation, compagne d’Arensnuphis.

Jullah

Jullah est un dieu gorille, fils de Jhebbal Sag, qui vit sur la lune. Les grands gorilles sont sacrés pour lui. Sa religion est moins organisée que celles de Set ou d’Apedemak et est une religion de nature basée sur le mythe selon lequel les hommes et les animaux parlaient la même langue et vénéraient le même dieu. Il est le frère de Jhil, le dieu corbeau sans merci. Jullah représente les instincts les plus bas de la nature humaine, en particulier si l’on considère la sexualité désinhibée des singes. Ces instincts primaires sont mis en avant par les fidèles de Jullah. Les singes montrent aux hommes quels fruits peuvent être consommés sans danger. Jullah est donc à la fois un esprit protecteur et l’incarnation des comportements humains les plus violents. Les temples de Jullah sont généralement situés dans des grottes souterraines ou dans des huttes démoniaques où de nombreux feus sont allumés en permanence. Un grand gorille est généralement gardé dans ces temples.

Les prêtres de Jullah ont un rite appelé le rituel sacré de l’Epouse Ascendée. Cette cérémonie, peu fréquente, est pratiquée lorsque Jullah est supposé particulièrement malheureux ou furieux, impliquant le sacrifice de cent femmes, en faisant un rituel dévastateur pour les tribus locales. Ce rituel crée généralement des vagues de guerres lorsque les femmes sont enlevées et, si aucune précaution n’est prise, peut facilement entraîner la mort du sorcier qui a appelé à la cérémonie s’il est découvert. Cependant, s’il réussit, le sacrifice choisi pour devenir la fiancée de Jullah se transforme en la Fille Noire de Jullah, provoquant souvent la venue d’une sorte d’avatar de la divinité.

Les cultistes de Jullah apprennent généralement à tuer à mains nues, à la manière des grands singes, bien qu’ils portent toujours des lances et des boucliers pour se protéger des animaux sauvages. Ceux qui prouvent leur dévotion et leur maîtrise du combat à mains nues s’initient plus véritablement à la religion et sont appelés les Sages.

Derketa

Derketa est la déesse kushite de la mort et la reine des morts. Elle est probablement issue de Derketo du Zembabwe, de Stygie et de Shem, bien que les attributs des deux déesses soient très différents. Elle est une sorte de
Terre-Mère, une déesse de fertilité comme de mort, symbole du cycle naturel de la vie et la prétendue compagne du dieu tutélaire de chaque tribu. Les Gallahs de Punt la représentent comme la compagne de Jullah. Le culte de Derketa, reine des morts, implique des rites orgiaques, orchestrés devant des idoles dorées. Le sacrifice humain fait aussi partie de ses cérémonies, usant d’un fruit empoisonné nommé la pomme de Derketa. Le jus de ce fruit peut tuer par ingestion ou par simple application externe. L’asservissement sexuel par envoûtement est une fin commune aux les ennemis des prêtres tribaux de Derketa.

Les dieux du Darfar

Le cannibalisme des Darfaris n’est pas simplement un régime alimentaire perverti, mais bien une exigence culturelle et religieuse. Manger des gens est une affaire rituelle empreinte de symbolisme. Les Darfaris se battent avec des matraques ou des gourdins en frappant leurs ennemis jusqu’à la mort ou l’inconscience, car cela conserveur mieux la saveur de la viande que de les ouvrir et de laisser leur sang couler sur la terre.
Les Darfaris de Zamboula ne jurent que par Set, car leurs maîtres en sont les fidèles.

Les Darfaris croient que la chair d’un homme a meilleur goût si celui-ci a été effrayé et forcé de courir pour tenter de s’échapper. Ils tenteront donc en général d’organiser une chasse plutôt que de simplement tuer quelqu’un. Lorsque la victime est attrapée, on la fait s’asseoir au sol, les pieds sous les cuisses. Ses mains sont placées face à lui. Les Darfaris vont alors l’entraver pour qu’elle soit complètement immobilisée. Dans cette posture, elle est soulevée et placée dans une fosse bordée de pierreschauffées par les femmes pendant que les hommes l’entravaient. La victime est alors recouverte de feuilles et de terre dans la fosse de cuisson pour être rôtie vivante.

Une fois la victime cuite, elle est retirée de la fosse et emmenée au temple pour être offerte en sacrifice aux dieux sombres du Darfar. Certaines tribus les peignent en noir. Une fois les cérémonies terminées, le corps est retiré du temple, découpé et distribué à la tribu.

Les Zuagirs pensent que les Darfaris vénèrent Yog, le seigneur du vide, avec des rites enflammés qui se terminent toujours par la consommation de chair humaine. Et pourtant, Yog est un dieu Shémite ou Turanien du désert, qui brûle ses victimes par le soleil éclatant de celui-ci. Il y a donc peu de chance que Yog soit vénéré par les Darfaris en dehors de Zamboula, s’il l’y est toutefois.

Les Darfaris ne vénèrent aucun dieu en particulier, mais ont une religion ancrée dans la nature, basée sur nombre de dieux répugnants et de sombres esprits de la nature, des esprits animaux et de la jungle qui donne au monde sa magie et sa vie. La sorcellerie, la magie et le juju sont les piliers de leur expérience religieuse, bien que la majeure partie de leur magie soit dirigée vers des entités mystiques pour apporter le climat opportun, améliorer les récoltes ou assurer la victoire. Leur magie est rarement dirigée contre des ennemis terrestres. La lance et la masse sont beaucoup plus fiables que la magie contre la chair et le sang. La magie de la nature, la divination et les malédictions sont des sortes de sorcellerie courantes pour un prêtre Darfari.

Les dieux de Keshan

Les prêtres semblent avoir déifié la race blanche sans nom qui a fondé Alkmeenon, avec Yelaya tout en haut de la hiérarchie en raison des évidences divines de ses traits physiques. Son corps, qui ne se décompose pas, existe et les prêtent prétendent avoir entendu sa voix tel un oracle. Cette déification peut expliquer l’absence d’hostilité entre les natifs noirs et les métis, qui ont le sang des dieux en eux. La classe dirigeante traite ceux qui se trouvent plus bas qu’eux avec bienveillance et se marient même avec eux.

La déification de Yelaya indique une forme de vénération des ancêtres, liée à certaines formes d’animisme. Les rituels sont fait pour harmoniser les relations entre les ancêtres et les sombres dieux de la jungle, permettant ainsi aux ancêtres d’être en sécurité et d’assurer la prospérité de la famille. Le devoir du grand prêtre est d’assurer le bien-être de Keshan avec sa magie rituelle. Gwahlur est l’un des dieux sombres de la jungle, un roi des ténèbres, qui a été rejeté par les autres dieux sombre et ses dents étincelantes ont été offertes aux hommes pour leur protection. De nombreux autres dieux répugnants et bestiaux sont reconnus et vénérés par le peuple de Keshan.

La religion de Keshan est centrée autour de la ville sacrée d’Alkmeenon. Les prêtres de Kehsan sont venus dans la ville par des voies secrètes pendant des siècles, cherchant le grand Oracle à la recherche de sagesse et de témoignages. L’Oracle est la princesse Yelaya elle-même, dernier souverain connu de la ville. Yelaya est morte très jeune mais sa beauté n’a jamais faibli. Il est dit que son corps ne s’est jamais décomposé et qu’elle reste aussi éblouissante dans la mort qu’elle ne l’était dans la vie. Chaque nuit, lorsque la lumière de la lune envahit le palais, elle se lève pour retrouver sa domination sur la ville, accompagnée uniquement par les ombres flottantes des siècles passés. C’est pendant ces périodes que les prêtres venaient l’interroger sur la volonté des dieux. Depuis un siècle, cette pratique a pris fin car il est dit que le grand prêtre de l’époque était corrompu et tenté de dérober les dents de Gwahlur. Une malédiction inconnue l’a terrassé et seule une poignée de ses disciples sont revenus pour rapporter l’effroyable récit. Il se murmure que Gorulga, l’actuel grand prêtre de Keshan, a renoué avec cette ancienne pratique et consulte à nouveau l’Oracle.

La princesse Yelaya, Oracle d’Alkmeenon

Yelaya fut la dernière dirigeante de l’ancienne race blanche qui dirigeait Keshan depuis le palais caché d’Alkmeenon. Elle est morte très jeune, mais son corps est resté inchangé, aussi belle dans la mort que de son vivant. Les anciens de Keshan ont considéré cela comme un signe que cette ancienne lignée royale avait triomphé des anciens dieux et avait atteint la divinité. Le corps a été conservé dans le palais d’Alkmeenon où il est devenu la voix divine de la volonté des dieux, l’Oracle d’Alkmeenon. Peu de temps après, la ville antique a été déclarée sacrée, même si personne ne se souvient plus désormais de pourquoi elle fût abandonnée.

Par essence, le panthéon keshanni est une forme de culte des ancêtres hautement ritualisé, la famille royale entière d’Alkmeenon ayant été déifiée à travers les âges aux yeux du peuple. Le corps incroyablement préservé de Yelaya est considéré comme l’Oracle et son esprit divin est censé communiquer la volonté collective des dieux aux mortels qui le questionnent avec le respect approprié au clair de lune. Ceci, ajouté au fait que la famille royale était censée avoir caché les dents de Gwahlur à Alkmeenon, est considéré comme une preuve qu’ils sont devenus des dieux. La possession de ces reliques est peut-être encore plus révélatrice que la corps de Yelaya, car il est communément admis à Keshan que les dents brillantes de Gwahlur lui ont été arrachées lors de sa défaite, des trophées assurant la puissance divine de leurs ancêtres.

Les dieux de Punt

Les habitants de Punt vénèrent une déesse d’ivoire. Bien qu’Howard ne la nomme pas, Sprague de Camp lui a donné le nom de Nebethet. Elle est principalement vénérée dans un temple-sanctuaire, dans un lieu inhabité non loin de Kassali, capitale de Punt. Le temple est un bâtiment de marbre en forme de crâne, construit avant l’arrivée des Gallahs. La statue est faite d’un seul morceau d’ivoire. Les prêtres tribaux et le clergé de Punt se présentent comme des messagers des dieux et des esprits, car ceux-ci ne parlent qu’à eux, par le biais de statues oraculaires. Ce rôle de messagers octroie tant de pouvoir à ces prêtres que les rois de Punt iraient même se suicider à leur demande.

Punt est une terre d’encens et de myrrhe. Ceux-ci font l’objet d’échange commerciaux avec d’autres nations, que leurs habitants brûlent pour purifier l’air des salles de soins. D’autres cultures utilisent l’encens pour chasser les mauvais esprits lors de certaines cérémonies. Il est connu pour clarifier la pensée et l’esprit, procurant un sentiment de calme même dans les situations éprouvantes, le rendant parfait pour une utilisation pendant la méditation ou la prière. La myrrhe calme l’esprit et renforce la confiance en soi.

La déesse d’ivoire Nebethet, reine des ténèbres et maîtresse de la nuit

On dit que la déesse d’ivoire prend vie lorsque la lumière de la pleine lune touche sa statue d’ivoire, elle annonce alors ses présages. Les chefs de Punt la consultent avant chaque décision importante. Les Stygiens l’associent à Nephthys, bien qu’elle soit plus probablement la forme déifiée d’une ancienne reine de Punt nommée d’après cette divinité.

Son temple est un dôme de marbre blanc. Pour y entrer, il faut passer par un portail barré par une énorme herse en bronze vert ressemblant à une bouche montrant les crocs, flanqué de deux fenêtres carrées en rehausse, semblables à des orbites vides. Le résultat donne au temple l’apparence d’un grand crâne argenté posé sur une colline.

Une pièce se situe à l’étage du temple, pourvue d’un vieux plancher en bois sur lequel se découpe une trappe. Elle s’ouvre sur un escalier menant à l’étage inférieur. Il possède une spacieuse rotonde entourée d’un cercle de colonnes de marbre qui soutiennent le plafond voûté, sur le périmètre duquel pendent de longues chaînes retenant six petites lampes en cuivre. Du côté opposé au grand portail, la statue de la déesse se dresse sur une estrade à trois marches en marbre.

Auparavant, une statue grotesque se dressait sur l’estrade au sein du temple. La statue fantomatique de cette époque était magnifiquement dénudée, ronde et séduisante, mais au lieu d’avoir les traits du visage d’une femme tout aussi attrayante, elle avait ceux d’une tête de mort macabre, d’un crâne terrible. Bien qu’elle ait eu la taille d’une femme, la statue avait été taillée dans un seul bloc d’ivoire.
Une nouvelle statue, toujours en ivoire, a ensuite été sculptée pour ressembler à Muriela, une danseuse Corinthienne qui a osé imiter la déesse. La nouvelle statue est d’une beauté sans commune mesure avec la beauté mortelle.

Derrière la rotonde se trouvent des appartements poussiéreux, protégés par une femme-oracle flétrie, et un horrible homme-singe en pagne, affublé d’un museau de babouin. C’est le fils d’une crone et de Jamankh le démon-hyène. Un petit appartement est construit derrière la statue, où une prêtresse peut prendre place pour parler au nom de la statue. La vieille femme sans nom était l’oracle de la déesse d’ivoire. Désormais, Muriela, la danseuse Corinthienne, est le nouvel oracle.

Jamankh, le démon-hyène

En plus du culte des ancêtres et de quelques divinités, Punt héberge plusieurs démons, tels que Jamankh, le démon-hyène. Il représente les sciences occultes, la cupidité et la malformation sexuelle. Jamankh tourmente avec corruption et bassesse. Son apparence est si terrifiante que la vue de son ombre frappe les hommes et les animaux d’une peur panique. Il change continuellement de sexe. Il est le protecteur des prostituées et de la sexualité déviante. Jamankh est représenté comme attaquant une proie effrayée ou en train de rire d’une expérience vulgaire et dégradante. Il a des pouvoirs de divinations et connaît les secrets de la nécromancie et des invocations.
On dit que ses prêtres peuvent induire et connaître le nom des gens sur qui ils se concentrent car Jamankh appelle toujours ses victimes par leur nom. Il est le maître de l’hypnose et peut toujours voir ses victimes autour de lui. Il envoie ses fidèles sorciers chasser avec des hyènes apprivoisées et encourage ses disciples à prendre la forme d’une hyène. Ceux qui le vénèrent sont frappés d’horribles difformités à mesure que la corruption envahit leur âme. Beaucoup finissent par se transformer en hommes-hyènes. Jamankh est incapable de résister à une femme nue et s’accouple souvent avec de magnifiques sacrifices pour produire d’abominables enfants.

Les dieux de la Côte Noire et des îles du sud

Le long de la Côte Noire, les natifs se livrent à d’obscures pratiques religieuses centrées sur d’horribles esprits et dieux connus sous le nom de nkisi, loa ou baka, en fonction des tribus et des religions. Ces divinités mineures sont des personnages pittoresques, qui gèrent les émotions et les traits humains. Il y a des nkisis séducteurs, des capricieux, des colériques, des amicaux, et bien d’autres. Les rituels sont exécutés dans dans des langues secrètes apprises par les prêtres, accompagnées de danses sacrées et de certaines pratiques alimentaires. Au cœur du culte, indépendamment des croyances tribales spécifiques, se trouve la croyance de l’efficacité des sacrifices aux divinités, qui peuvent être animaux ou humains. La vénération des ancêtres fait également partie des religions le long de la Côte Noire. Les prêtres et sorciers, connus sous le nom de ngangas, mettent l’accent sur les liens magiques, réalisant des prouesses d’artisanat en ce sens.

Les natifs de la Côte Noire croient que chaque personne possède deux âmes, au moins. L’âme individuelle mais éphémère se nomme l’emi et l’âme communautaire et réincarnée, l’iponri, qui est en quelque sorte une âme ancestrale gardienne. A sa mort, si l’homme menait une vie responsable et morale, l’iponri rejoint le monde des esprits nkisis et des dieux et peut se réincarner à nouveau avec une nouvelle destinée. Les emis particulièrement puissantes peuvent devenir des iponris. Les iponris sont en partie divines, ainsi, chaque personne est née avec la prédisposition de vénérer leur nature même, les nkisis. De plus, chaque personne est prédisposée à vénérer les nkisis qui sont les plus puissants en elle. Les rois des différentes tribus et nations tribales de la Côte Noire sont presque uniformément considérés comme ayant une âme iponri de Shango, l’esprit de la foudre.

Il existe une hiérarchie spirituelle dans les religions de la Côte Noire. Les humains sont en bas de cette hiérarchie. Au dessus, se trouvent les nkuyus, les ancêtres de la lignée. Les nkuyus peuvent être invoqués pour demander de l’aide, ils peuvent également se réincarner en tant qu’iponri. Les simbis, plus éloignés des humains, sont au niveau suivant. Les simbis sont connus comme les deux fois nés et sont des ancêtres tribaux qui n’ont pas vécu récemment sous une forme humaine. Ils sont invoqués pour des bénédictions spéciales mais réputés imprévisibles. Après les simbis se trouvent les nkisis, les ancêtres les plus lointains, qui sont à la fois les plus proches de la source de toute chose, Nzambi Mpongo. Les nkisis ne sont plus des ancêtres individuels. Chaque ancien forgeron, par exemple, est devenu le nkisi Ogun. Les nkisis représentent les esprits des forces naturelles et sont des dieux mineurs.
Les démons peuvent être considérés comme des nkisis présents le long de la Côte Noire et comme les âmes réunies de sorciers maléfiques qui n’ont pas eu droit à la réincarnation en raison de leur immoralité et de leur corruption.

Les fétiches

L’utilisation de talismans et de fétiches est extrêmement courant le long de la Côte Noire. Les fétiches peuvent être de simples statuettes des nkisis, ou des têtes d’animaux empaillées, ou d’autres parties séchées de leurs corps, dédiés à un nkisi. Ces fétiches sont vendus comme objets de soins ou de soutien en raison de leurs pouvoirs spirituels. Ils peuvent également servir de protection. Par exemple, un homme ayant peur des voleurs peut demander un fétiche qui protégera sa maison des voleurs.

L’on pense que les fétiches et les nkisis sont proches du surnaturel et doivent donc être utilisés avec parcimonie et avec une extrême prudence. Une utilisation inappropriée ou trop fréquente provoquera des effets inverses et des malédictions sur l’utilisateur.

Les tambours

Les tambours sont la source principale de musique des tribus de la Côte Noire et sont considérés comme des sources de pouvoir. Ils résonnent pendant des heures lors des cérémonies religieuses, accompagnant les danses dans un laisser-aller orgiaque. Il existe quatre sortes de tambours utilisés dans les cérémonies de la Côte Noire. Le manman est un tambour large, de trois pieds de haut, qui se joue debout. D’une main, le musicien utilise un petit marteau en bois, l’autre main tapant nue. Le segond est un tambour de deux pieds de haut qui est tapé à mains nues par un batteur assis, qui le tient entre ses genoux. Si la magie est destinée à être bénéfique pour tous, le troisième tambour sera un bula, qui est petit et battu avec deux longues baguettes par un homme assis. Le quatrième, énorme tambour sculpté dans un seul tronc d’arbre, est utilisé uniquement pour les cérémonies les plus obscures. Il dépasse généralement les 6 pieds de haut et est appelé assator. Les percussionnistes se tiennent debout sur des plates-formes pour battre l’assator, qui est considéré comme un fétiche.

Les nkisis, bakas et loas

Ce sont des puissances spirituelles auxquelles les adeptes font appel afin de s’assurer le succès et du malheur pour leurs ennemis. Les nkisis sont considérés comme des esprits anciens, gardiens de la Terre. Ils nécessitent de nombreuses cérémonies et des offrandes de ceux qui les vénèrent. Les tribus de la Côte Noire leur sont extrêmement obéissantes. De nombreux nkisis sont des ancêtres qui ont été capable de contrôler certaines forces élémentaires à un tel niveau qu’ils en font désormais partie. Par exemple, un esprit qui était forgeron est devenu le nkisi Ogun.
Ils ressemblent en tous points aux orishas des Altaiens. Ces êtres agissent comment des seigneurs démons dans leur façon de passer des pactes, d’accorder leur protection et en termes d’invocations.

  • Adjassou : nkisi féminin de l’eau de source. Elle s’énerve facilement et est souvent représentée avec des yeux globuleux de poissons.
  • Aida-Wado : épouse de Damballah, elle est le nkisi de la fertilité et des nouveaux-nés. Elle accepte les sacrifices de poulets blancs et d’œufs blancs. Elle est représentée par des serpents et des arcs-en-ciel et sa couleur est le blanc.
  • Damballah : chef des nkisis. Comme Jhebbal Sag, il est l’un des premiers. Damballah protège les nkisis et les peuples de la Côte Noire. Il est le dieu des serpents et est associé à Set ou Yig par les Stygiens. Il est le patron de l’hypnotisme.
  • Djab : nkisi de la magie noire et de la mauvaise fortune. Il préfère les sacrifices de poulets noirs ou d’humains.
  • Erzulie Dantor : nkisi cruel de la jalousie et de la vengeance, patronne des tentatrices et de ceux qui ont été trahis, principalement par amour. Elle est la face cachée d’Erzulie et déteste les hommes.
  • Erzulie : nkisi bienveillante de l’amour, la beauté, la pureté et la romance, patronne de la danse, des fleurs et de tout ce qui est beau. Les colombes blanches et les parfums sont ses offrandes préférées. Elle n’est généralement pas très bien disposée envers les femmes qu’elle considère comme des rivales.
  • Galunga : nkisi grotesque de la mer, patron des pêcheurs et des marins. Ses sacrifices sont noyés.
  • Guédé : nkisi horrible des morts. Sa connaissance est celle accumulée par tous les défunts, il est donc au courant de tout ce qui est passé. Il est représenté car une ombre, une tache noire planant sur le paysage, protégeant le monde des morts.
  • Jhebbal Sag : ancien dieu primal, autrefois vénéré par tous les êtres vivants, humains comme animaux. Il est l’un des premiers nkisis.
  • Kariempembe : nkisi sombre des arbres, des plantes et des guérisseurs, il vit parmi les rochers et des ravins, tuant ceux qui l’offensent.
  • Legba : sage nkisi gardien du monde matériel séparé du monde des nkisis. Chaque rituel commence par un sacrifice en son honneur.
  • Lusa : nkisi masculin du soleil.
  • Manu : nkisi féminin de la lune.
  • Marassa : les nkisis jumelles sacrées, mortes dans leur jeunesse. Elles sont l’équilibre de l’univers et sont considérées comme les deux parties d’un tout. Elles sont saluées à chaque rituel.
  • Mombu Mombu : nkisi bégayant qui provoque tempêtes et pluies torrentielles. Il est responsable des inondations et vit au fond des étangs et des rivières sous la forme d’un guerrier mort.
  • Nago Shango : nkisi seigneur de la foudre. Ses temples sont gardés exclusivement par un mystérieux groupe de prêtresses choisies parmi les femmes des clans.
  • Nkita Kiamasa : nkisi des herbes médicinales. Elle ne possède jamais personne lors des rituels car elle est chargée de surveiller les cérémonies religieuses.
  • Ogun : nkisi de la forge et du feu.
  • Oya : nkisi féminin contrôlant les inondations et dirigeant la force la ouragans et des tornades.
  • Pungo Dibudi : nkisi de tout ce qui concerne les hommes, incluant la guerre, les phallus, la politique, le travail du fer et des métaux. Son symbole est l’arme principale de la tribu et sa couleur est le rouge.
  • Sakpata : puissant nkisi qui amène la maladie et particulièrement la petite vérole. Il est associé à une légère pluie. Les chamans maléfique sont connus pour invoquer Sakpata pour commettre des actes malveillants.
  • Sobo : nkisi du tonnerre, il est le protecteur des cultes guerriers et des soldats de la Côte Noire.

Les dieux des Royaumes Noirs du sud

Les natifs des Royaumes Noirs du sud ont leur propre ensemble de religions et de cultes. Les prêtres tribaux, les isangomas et les inyagas, sont généralement des chasseurs de sorcières, se concentrant sur les envoûtements et la divination, ou encore des prêtres des dieux sombres tels que Jhil ou Agujo, se concentrant sur les malédictions et la sorcellerie.
Les insangomas sont des femmes spiritualistes qui communient avec les esprits des ancêtres. Leur principal objectif est la divination et le contre de la sorcellerie. Certaines se plongent dans les malédictions et la nécromancie.
Les inyagas sont des hommes, herboristes, sages et érudits dans le domaine de la faune et de la flore.

Comme dans le reste des Royaumes Noirs, les tribus du sud croient en un dieu créateur qui ne se donne pas la peine de s’occuper de la vie quotidienne des humains. Ce dieu, source de toute chose, est appelé Nkulu. Le seul moyen qu’ont les hommes du sud d’en appeler au monde des esprits, le grand royaume de Unkulunkulu, est au travers des ancêtres, les amadlozis. Ce n’est qu’au travers de la divination que l’on peut atteindre les amadlozis. Les insangomas en ont la charge, leur rôle est donc prépondérant dans la vie quotidienne de la tribu. Les prières et les offrandes abondent pour les amadlozis, car s’ils sont oubliés, ils risquent de se faire rappeler en causant des problèmes. Pour les gens des tribus du sud, le corps n’est pas important mais l’esprit l’est, ainsi, les morts sont laissés aux animaux, exception faite du chef. Sa dépouille est brûlée en position assise, enveloppée dans la peau d’un taureau noir sacrifié le jour même. La crémation se fait au centre du village principal.

En plus des amadlozis, le culte des tribus du sud inclut les esprits qui imprègnent les animaux, les forêts et les grottes, comme Ajuju le Sombre. Beaucoup de villages possèdent des amas de pierres appelés isivivanes. Les isivivanes, marques de respect pour les esprits de la nature locaux, sont érigés par les hommes de la tribu en prenant les pierres de leur pied gauche, les portant à leur main droite, avant de cracher dessus pour les déposer sur la pile, ceci afin d’assurer la réussite de leurs entreprises.

Tout malheur est considéré comme résultant de sorcellerie maléfique ou d’esprits offensés, et non de causes naturelles ou d’une mauvaise planification. Lorsque des malheurs se produisent, les isangomas sont consultées pour déterminer la cause du problème. Si les isangomas déclarent que la malchance est le résultat d’une sorcellerie maléfique, une chasse aux sorcières s’ensuit. Si les isangomas déclarent que le problème vient d’un esprit offensé, un sacrifice lui est offert pour le calmer.
La foudre est contrôlée par les esprits, de sorte que quiconque ou quoi que ce soit qui en est frappé l’est par la volonté des esprits. Il n’y a donc pas de deuil, les animaux tués par la foudre ne sont pas mangés et les arbres ne seront pas utilisés. Les membres des tribus du sud craignent les éclairs et, si une tempête approche, ils quitteront leur village, frappant leurs boucliers, ou brûlant des herbes, implorant les esprits de les épargner, eux et leur village.

Une chasse aux sorcières est une affaire sérieuse au cours de laquelle tout individu exposé comme étant un sorcier, exception faite des isangomas et des autres chamans tribaux, est exposé et torturé à mort avec sa famille. Ces condamnés à mort font rarement objection aux accusations. Les biens des condamnés reviennent aux chefs, ce qui les incite à accuser les membres riches de la tribu qui pourraient contester leur autorité. On dit donc que la pauvreté assure une longue vie au sein des tribus du sud.

Les dieux des tribus du désert

Gazal

Gazal est une ancienne cité de minarets et de flèches de jade construite au cœur des palmiers d’une oasis. Les Gazalis n’ont pas d’esclaves et ne connaissent pas la guerre. Ils font un usage intensif de drogues et d’hypnotise pour explorer leurs propres rêves et introspections fantaisistes. Les murs de la cité sont également d’une couleur vert de jade. La ville est grandement délabrée et en ruine. L’endroit est jonché de déchets, de hautes herbes, et de morceaux de murs tombés. Une seule tour cylindrique rouge s’élève haut dans le ciel au milieu de la ville et les gens évitent de penser aux horreurs sans nom de cette tour. Les habitants sont des rêveurs amicaux. Ils s’habillent en tuniques de soie et sandales légères. Ils n’ont aucun contact avec le monde depuis 900 ans, croyant toujours que le roi Bragorus dirige la Némédie et Epius l’Aquilonie.

Les Gazalis, une tribu Kothienne, ont fondé la cité à cette époque, après avoir été chassés de Koth pour avoir osé vouloir raviver le mitraïsme. Ils ont construit la ville en pierre verte sur les ruines d’une ville plus ancienne. Seule la tour rouge était encore intacte à leur arrivée. Les esclaves qui construisirent la ville pour les Gazalis se révoltèrent et s’enfuirent, en emmenant les chameaux et les chevaux. La ville a été laissée à des prêtres, des scientifiques, des érudits et des enseignants. Les dirigeants introspectifs de la cité sont tellement plongés dans leurs rêveries que celle-ci se meurt.

La ville était hantée par l’Horreur de la Tour Rouge, une chose qui mangeait les gens, nommée Ollam-Onga, servie par de terribles cavaliers. Mais elle a été tuée par Amalric l’Aquilonien, rendant la ville à nouveau sûre. Si les Ghanatas, les Tombalkus ou les Tibus apprennent sa mort, ils pilleront probablement la ville immédiatement, car c’est la crainte de cette chose qui tenait ces tribus féroces éloignées.

Ollam-Onga

Ollam-Onga est le dieu démoniaque de la cité perdue de Gazal. Il est également vénéré par des cultes diaboliques dans les jungles sombres et le long des sinistres rivières de Kush. Il traque Gazal chaque nuit, prenant et tuant ses quelques habitants à volonté. Ses cultistes fous accomplissent des activités similaires.

Ghanatas et Tombalkus

Les Ghanatas

Les Ghanatas sont un peuple féroce du désert, qui est apparenté aux habitants du nord des Royaumes Noirs et qui est grossièrement organisé en tribus et en plus petits groupes. Leur structure sociale est presque inexistante. La force est loi pour ce sinistre peuple. Analphabètes et asociaux, les Ghanatas ne sont pas amicaux envers les étrangers, enclins à brutaliser, violer ou attaquer les vagabonds des autres pays. Cavaliers et monteurs de chameaux expérimentés, les Ghanatas combattent avec des couteaux et des cimeterres très tranchants. Ils vénèrent Jhil l’impitoyable lors de cérémonies horribles qui incluent la torture des victimes sacrificielles. Les forgerons et armuriers locaux, appelés les dompteurs de feu, sont également vénérés par les Ghanatas.

Les Tombalkus

Tombalku est une ville factionnalisée des Royaumes Noirs, considérée comme mythique par les Hyboréens. Il y a deux rois à Tombalku, car c’est une confédération de tribus qui se sont rassemblées pour se défendre des autres grandes nations.
Fondée par les Aphakis, une tribu Shémite, ils se sont mélangés avec les tribus noires du désert, créant une ethnie métis aux cheveux lisses représentants la caste dirigeante. Les Aphakis vénèrent Jhil, mais les noirs vénèrent Ajujo le Sombre et sa famille. Les Aphakis se battent au cimeterre tandis que les noirs combattent à la lance. En réalité, les noirs forment le réel pouvoir de Tombalku. Il y a une demi-douzaine de tribus et de factions qui complotent les unes contre les autres. La ville regorge de tavernes, de meurtres, de mutilations, d’exécutions, de femmes, d’alcool, d’or et de tout ce qu’un mercenaire pourrait désirer. Il existe une tension ethnique constante entre les Aphakis et les noirs, qui sont liés aux tribus Subas de la Côte Noire. Les Bigharmas, les Bornis et les Mindangos font partie des tribus consolidées sous le roi noir. La richesse de Tombalku provient du contrôle de plusieurs routes commerciales de la région.

  • Ajujo : Ajuju, connu comme le Sombre, est le dieu tutélaire des natifs de Tombalku, bien qu’il soit également vénéré au sud des Royaumes Noirs, tout particulièrement par les Subas. Ses prêtres s’ornent de plumes, de cloches et de peaux de serpent.
  • Jhil l’impitoyable : Jhill est l’un des enfants de Jhebbal Sag, il a l’apparence du corbeau. C’est un dieu sanguinaire, exigeant que les prisonniers soient écorchés vifs sur son autel. Certains rites répugnants exigent que les prêtres mangent des morceaux du sacrifice humain.Ils utilisent des dés comme moyen de divination. Jhil est le dieu tutélaire des Aphakis, une tribu d’origine Shémite, qui représente la caste dirigeante de Tombalku. Les Aphakis ne semblent pas reconnaître Jhebbal Sag pour autant.

Les Tibus

Les Tibus sont des cavaliers féroces et masqués du désert et des steppes. Leurs croyances religieuses sont animistes, croyant que toute chose, même inanimée, a un esprit. Comme d’autres tribus des Royaumes Noirs, ils vénèrent également leurs ancêtres. Leurs masques sont supposés leur conférer des pouvoirs mystiques et une grande force car les masques eux-mêmes possèdent un esprit. Leur religion est sanglante et sinistre, leurs autels bruts, remplis de feu et tâchés de sang. Accompagnés de tambours tonitruants, leurs prêtres dansent grotesquement et leurs captifs sont sacrifiés aux terribles dieux et aux mauvais esprits. Le sang rend leur magie puissante, ils torturent et tuent leurs captifs lors de leurs cérémonies macabres. Les autels des Tibus sont décorés de masque spirituels grotesques, de crânes de captifs et d’autres icônes religieuses macabres. Tous les chamans Tibus savent monter à cheval et sont liés magiquement à leur monture.

La religion des Tibus impose quelques tabous concernant les habitudes alimentaires des hommes et des femmes. Après la puberté, les garçons et les filles doivent manger séparément. Les hommes n’ont jamais le droit de manger avec leur femme et les enfants ne peuvent pas manger avec des adultes de l’autre sexe, à moins que ce ne soient des personnes âgées.

Les dieux du Zembabwe

Les Zembabwéens vénèrent Derketo et Dagon, et la capitale se vante d’avoir un sanctuaire sacré dédié à l’empire où des statues d’or des deux divinités siègent.

Derketo

Derketo est une divinité séductrice, une tentatrice, l’essence de la dépravation sexuelle. Elle est aussi une déesse de fertilité de type Terre-Mère. Ses rites sont orgiaques, sensuels et sexuels, conçus pour permettre l’épanouissement de la terre. Beaucoup de ses orgies durent des semaines. Les danseuses et les prêtresses de Derketo sont également des prostituées du temple, considérant que le sexe est le meilleur moyen de contrôler et de manipuler les fidèles masculins.

Certaines cérémonies sombres reconstituent l’accouplement entre Dagon et Derketo et le renouveau du monde . Les techniques exotiques enseignées dans les temples de Derketo sont extrêmement intenses et peuvent avoir des effets néfastes de corruption. Les prostituées sacrées sont considérées comme des incarnations de Derketo elle-même. C’est une prédatrice sexuelle qui prend en elle la vitalité de ses amants en elle, soit comme un sacrifice, soit comme un moyen de se satisfaire. Elle s’accouple avec les autres, en particulier les jeunes hommes, par des ruses ou des illusions trompeuses, par la simple contrainte ou par ses propres attributs personnels.

Dagon

Dagon est le dieu des enfers, de la fertilité et du grain. Il est vénéré sous la forme d’une idoles en or et est le dieu le plus important du Zembabwe, avec son épouse Derketo. Ce dieu homme-poisson demande à ses fidèles de se présenter nus à lui et ceux-ci s’abstiennent uniquement de manger du poisson. Ses rites et ses cérémonies sont orgiaques et complaisants. C’est aussi un dieu de la guerre. Dagon aime voir les trophées de ses victoires s’empiler devant lui, notamment la tête de ses ennemis. On dit qu’il favorise ceux qui promettent de lui apporter la tête de leurs ennemis. C’est également un dieu de l’agriculture, favorisant particulièrement le maïs.

Les dieux d’Altlaia

Situé au sud du Zembabwe, Atlaia est un royaume mystérieux. Les Atlaïens sont divisés en douze grands royaumes, chacun dirigé par un clan se réclamant d’une vénérable ascendance remontant à l’Ancien Empire. Des jungles denses et des savanes arides forment le paysage d’Atlaia. Une longue chaîne de montagnes anciennes, appelée les Ogun, traverse le pays et constitue une barrière naturelle d’ouest en est. La plus épaisse des jungles du pays s’appelle l’Olu-Igbo, du nom de l’orisha des jungles. De nombreuses tribus sont éparpillées à travers le royaume, toutes vivant dans les vestiges de l’Ancien Empire, dont elles exercent l’intendance.

Olorun et le panthéon orisha

Les habitants d’Atlaia vénèrent une pléthore de dieux qu’ils nomment orishas. Les orishas sont vénérés par de nombreuses tribus des Royaumes Noirs et sont considérés comme des esprits anciens et des gardiens de la terre. L’orisha fondamental est Olorun, seigneur des dieux, roi du ciel et de la terre. Oloun s’appelle également Olodumare, maître de l’espace infini. Les orishas exigent de nombreuses cérémonies et offrandes de ceux qui les vénèrent et les Atlaïens sont extrêmement obéissants.

Il existe plusieurs grands orishas, considérés comme très puissants et de nombreux autres orishas, esprits mineurs et démons peu importants.

  • Orunmila : fils d’Olorun, Orunmila est le seigneur de la divination et est vénéré par une secte de voyants de la société Atlaïenne.
  • Obatala : roi du linge blanc, créateur de la terre et patron de la plus ancienne cité de l’Ancien Empire. La classe dirigeante des Atlaïens vénère Obatala dans des sanctuaires.
  • Ogun : seigneur du fer, Ogun est le dieu protecteur des forgerons, des chasseurs et des guerriers. Les grandes montagnes d’Ogun portent son nom.
  • Eshu : dieu du hasard et de la mauvaise fortune, de même que le messager qui se déplace entre les dieux et les hommes. Eshu est un être dangereux et son apparition est annoncée par la langue qui devient incompréhensible, car il est le seigneur des langues. Il porte les sacrifices faits aux dieux dans leur royaume de l’espace infini.
  • Olu-Igbo : seigneur de la brousse et de la jungle, possiblement un enfant de Jhebbal Sag.
  • Shango : seigneur des éclairs, vénéré du temps de l’Ancien Empire. Son temple est situé à l’extrémité sud d’Atlaia et est gardé par un groupe mystérieux de femmes choisies au sein des clans.
  • Sonponno : orisha obscur, seigneur des maladies et porteur de la peste. Les sorciers maléfiques le convoquent pour commettre des actes malveillants.

Remerciements à Hettyk pour la traduction
Sources :
JdR Conan Return to the Road of Kings​ – Faith and Fervour